Hollywoodland 80's : le cinéma américain des années 80
3ème épisode des aventures cauchemardesques de Freddy Krueger
Review de Pierre
Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai vu "Freddy 3" plusieurs fois : à sa sortie, puis une ou deux autres fois en vidéo. J'ai toujours trouvé ça nul. Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai lu une ou deux critiques dans un bouquin et sur le Net, et je me suis dit qu'en fait,
je devais avoir tout faux et qu'en réalité, c'était une balle. D'ailleurs, le scénar est de Wes
Craven lui-même, qui reprenait les rênes après un 2 ("La
revanche de Freddy") qui lui a échappé, et la mise en scène est de Chuck Russell ("L'Effaceur" et "Le Blob",
quand même). Casting intéressant : Patricia Arquette, Heather Lagenkamp (qui reprend le rôle de Nancy), Larry Fishburne, Craig Wasson (le peeping tom de "Body double"), John Saxon
(auquel je consacrerai un sujet un jour).
Et là, j'ai fait une première connerie, je l'ai acheté. Et une seconde : je l'ai revu. Mein Gott. Déjà, la pochette du DVD aurait dû me mettre la puce à l'oreille. C'est
simple : tout est mauvais. Pour la première fois de la série, Freddy est une baudruche qui enchaine les punchlines stupides. Il apparait sous les formes les plus catastrophiquement
débiles qu'on puisse imaginer.
L'intrigue tourne autour de la Arquette, qu'elle a un pouvoir incroyable, celui d'attirer ses amis dans ses rêves !!!... Mon Dieu que c'est con !!! Alors, à ce stade, on se dit qu'on aura
peut-être droit à quelques moments joyeusement débiles. Franchement, même pas. L'ensemble reste
vraiment au niveau 6ème. Ca n'est jamais suffisamment régressif pour être un nanar sympa, ni suffisamment sérieux et intelligent pour retenir l'attention.
Cela m'a remémoré un passage de "L'Appât" où on voit Marie Gillain, Sitruk et Putzulu aller au vidéo club et prendre "Freddy 5" : Tavernier nous disait déjà par là ce qu'il pensait du niveau intellectuel de ces films (et des jeunes, par la même occaz).
"Freddy 3" rejoint donc, en dépit de son générique prometteur, le rayon des films tout simplement mauvais.
Allez, salut Freddy !
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Après la grosse déception de "La revanche de
Freddy", cette 2ème séquelle relève le niveau, même si elle n’arrive pas à la cheville des "Griffes de la nuit", qui avait
épuisé toutes les ressources de son génial concept. Wes Craven accepte pourtant de participer à l’écriture du scénario, aux côtés de Chuck Russell, Bruce
Wagner et Frank Darabont (futur réalisateur des "Evadés" et de "La ligne verte"). Sept adolescents se rencontrent dans un hôpital psychiatrique. Chacun d’entre eux vit près
d’Elm Street et a tenté de se suicider après des cauchemars atroces. Le Dr Neil Goldman (Craig Wasson) est perplexe, et Nancy Thompson (Heather Langenkamp, reprenant son rôle des "Griffes de la nuit") se joint à son équipe. Désormais psychiatre, elle sait que les enfants sont tourmentés par l’esprit de
Freddy Krueger, le tueur d’enfants qui fut brûlé vif, toujours avide de prendre sa revanche sur les enfants de ceux qui l’ont tué. Au cours d’un cauchemar, la jeune Kristen réussit à faire
intervenir Nancy dans son rêve pour l’aider à fuir Freddy. Après plusieurs morts sanglantes, les adolescents survivants décident d’affronter Freddy tous ensemble, dans le monde des rêves…
L’intrigue de ce "Freddy 3" a au moins le mérite de retrouver un peu de la
rigueur évacuée dans la séquelle de Jack Sholder : Freddy redevient le croquemitaine qui ne tue que dans les rêves, via une série de séquences oniriques impressionnantes qui - et ce sera le
cas pour toutes les séquelles à venir - constituent l’intérêt essentiel du film. Attribuons une mention spéciale à la marionnette à tête d’argile qui, animée image par image, prend les traits de
Freddy. Celle-ci coupe les fils qui la retiennent avec ses griffes puis tombe au sol, en une chorégraphie qui annonce le futur travail de David Allen sur la
série "Puppet Master". Dans la suite de cette séquence, Freddy atteint sa taille humaine et est donc interprété par Robert Englund, sous un maquillage de
Kevin Yagher. Il manipule alors le malheureux dormeur comme le ferait un marionnettiste, les artères et les veines de la victime tenant lieu de fils !
Doug Beswick, responsable du passage très furtif en
animation, se rattrape au cours du final où il anime le squelette de Freddy, au milieu d’un cimetière de voitures. « Cette séquence est évidemment un hommage à Ray
Harryhausen, et nous y pensions tout le temps pendant que nous la tournions », nous avoue Beswick. « Chuck Russell est lui aussi un grand fan de Harryhausen. Nous étions donc tous heureux
de pouvoir tourner notre propre version du combat du héros contre un squelette à la manière du "Septième voyage de Sinbad". » (1) Le look sinistre du squelette et son animation très soignée sont
hélas desservis par des effets visuels ratés.
Aux côtés d’Heather Langenkamp et John Saxon, reprenant du service trois ans après "Les griffes de la nuit", Craig
Wasson campe un médecin bien fade en regard des possibilités que nous lui connaissons, surtout depuis son extraordinaire prestation dans le "Body double" de Brian de
Palma. Au détour du casting, on trouve aussi la jeune Patricia Arquette, pas encore connue du grand public, qui manque de se faire dévorer par Freddy mué en
serpent géant phallique !
(1) propos recueillis par votre serviteur en avril 1998