| titre original | "Under fire" |
| année de production | 1983 |
| réalisation | Roger Spottiswoode |
| musique | Jerry Goldsmith |
| interprétation | Nick Nolte, Gene Hackman, Joanna Cassidy, Jean-Louis Trintignant, Ed Harris |
Review d'Antoine
Belle affiche comme on n'en fait plus.
Le pitch : guerilla au Nicaragua, fin des années 70. Pour couvrir l'événement, 3 journalistes du Time, dont un photographe qui vient de décrocher la Une (le must à l'époque et encore
aujourd'hui) pour une photo prise au Tchad.
Russel Price, le photographe, c'est Nick Nolte, parfait casting pour ce rôle de baroudeur, une sorte de version
photographique d'un taré de la gachette (le mec doit prendre 20 000 photos dans le film). Il bosse avec 2 grands reporters, son chef et meilleur ami
Alex (Gene Hackman,
excellent cast aussi), qui hésite à laisser tomber le journalisme de terrain pour accepter le poste très convoité de présentateur du JT de ABC, et sa compagne Claire (Joanna Cassidy, une actrice de télé que je ne connaissais pas mais qui était assez inoubliable dans "Blade Runner" l'année précédente). Bref, deux hommes et une femme, inutile de vous faire un dessin, ça rique de coincer.
Tout ce joli monde débarque donc au Nicaragua au moment où se lève une révolution emmenée par un certain Rafael, figure de légende comparable au Che, que
le pouvoir cherche à débusquer pour l'éliminer et que Russel Price rêve évidemment de photographier. Le gouvernement US, craignant la contagion marxiste, soutient le dictateur en place, comme il
soutiendra les Contras dix ans plus tard, cette fois pour faire tomber le pouvoir. D'autres personnages gravitent autour des journalistes, notamment l'espion français Jazy (Jean-Louis Trintignant), un dandy qui fricote avec miss Panama, et un mercenaire américain, préposé aux basses besognes, joué par
Ed Harris, qui
représente un peu le dark side US.
Casting d'enfer donc, et au final un très bon film qui s'inspire d'un fait réel (dont je ne parle pas parce que ce serait juste THE spoiler) pour
raconter une histoire forte. On est un peu dans la lignée du "Missing/Porté disparu" de Costa-Gavras sorti l'année précédente, critique sans concession de la politique de (dé)stabilisation
des Etats-Unis en Amérique du Sud et en Amérique centrale. On pense aussi au remarquable "Salvador" d'Oliver Stone, qui sortira, lui, 2 ans plus tard.
Le tout est correctement mis en scène par Roger Spottiswoode pour une de ses
premières réalisations. Bizarrement, il ne ferait pas grand chose par la suite : quelques merdes pour manger ("Turner & Hooch", "Arrête ou ma mère va tirer") et tout de même "Demain ne meurt jamais", l'un des meilleurs James Bond des 20 dernières années. Pas de quoi sauter au plafond non plus.
Voilà. Je conseille vivement.
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Ce film prend une saveur particulière quand on sait ce que devint la révolution sandiniste : une dictature comparable à celle de Somoza.
Mais cet hymne aux reporters photographes est fort bien fait, bien joué et reconstitue avec soin les événements du Nicaragua.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |