| titre original | "Basket case" |
| année de production | 1982 |
| réalisation | Frank Henenlotter |
| suites | • "Frères de sang 2", 1990 |
| • "Frère de sang 3", 1992 |
Cette histoire de deux frères siamois, l'un normal et l'autre monstrueux, qui décident de se venger de ceux
qui les ont chirurgicalement séparés, est plus subtile qu'il n'y paraît.
La relation entre les deux frères est particulièrement bien étudiée et la créature parvient à émouvoir malgré la médiocrité de son animation.
Le grain de l'image renforce le caractère crasseux des couleurs et des décors, sans que le film ne lorgne pour autant vers le malsain d'un "Maniac". Au contraire, la faune new-yorkaise paraît ici
pittoresque (les acteurs ont été choisis sur place en fonction de leur trogne), et le film regorge de situations incongrues telles que ce panier en osier dans lequel le héros promène son monstre
de frère, qui alterne clowneries et actes de cruauté.
La violence est elle aussi traitée sur un mode loufoque. Henenlotter ne montre souvent que les prémices des crimes (le monstre s'acharnant avec ses gros
doigts noueux sur la victime) et le résultat (les corps mis en pièces). Mais là encore, au lieu de se contenter d'images répugnantes, il s'amuse avec les codes : cadrant un cadavre sanguinolent
en plan poitrine (image type du film d'horreur), il amorce un travelling pour découvrir à l'autre bout de la pièce la moitié inférieure du corps (les jambes ridiculement adossées au mur) ; plus
tard, il évoque un meurtre à la scie par un long plan fixe sur les chevilles de la victime qui s'affaissent dans deux directions opposées ; quant au viol meurtrier de la petite amie innocente du
héros, il est si atroce et si répugnant (les mimiques de la créature juchée sur le pubis ensanglanté) qu'il finit par amuser.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |