5ème épisode des aventures cauchemardesques de Freddy Krueger
| titre original | "A nightmare on Elm street 5 : the dream child" |
| année de production | 1989 |
| réalisation | Stephen Hopkins |
| interprétation | Robert Englund |
| épisodes précédents | • "Les griffes de la nuit", Wes Craven, 1985 |
| • "La revanche de Freddy", Jack Sholder, 1985 | |
| • "Les griffes du cauchemar", Chuck Russell, 1987 | |
| • "Le cauchemar de Freddy", Renny Harlin, 1988 | |
| épisodes suivants | • "La fin de Freddy - L'ultime cauchemar", Rachel Talalay, 1991 |
| • "Freddy sort de la nuit", Wes Craven, 1994 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Même si elles ne présentent généralement pas beaucoup plus d’intérêt narratif que celles de "Vendredi 13" ou d’"Halloween", les séquelles des "Griffes de la nuit" auront au moins eu deux mérites indiscutables.
Le premier est d’avoir servi de starting-block à plusieurs metteurs en scène talentueux ayant pu par la suite diriger de réjouissants blockbusters. Ainsi, après Jack Sholder ("Hidden"), Chuck Russell ("The Mask") et Renny Harlin ("Die Hard 2"), c’est au
tour de Stephen Hopkins, futur réalisateur de "Predator 2", de s’attaquer au mythe Freddy Krueger. Le second mérite de la saga d’Elm Street est d’avoir donné
libre cours à l’imagination de nombreux créateurs d’effets spéciaux, leurs performances représentant l’intérêt majeur de ces films au cours desquels, avouons-le, on s’ennuie ferme entre deux
scènes de cauchemar.
"Freddy 5 : l’enfant du cauchemar" se situe juste après
"Le cauchemar de Freddy", dont il reprend la protagoniste principale Alice Johnson (Lisa Wilcox). Ce 5ème opus se veut plus sérieux, voire gothique, en imaginant que le tueur au pull
rayé cherche à hanter les rêves du bébé qui sommeille dans le ventre de la jeune fille. Ses projets consistent à renaître dans le monde des vivants à travers ce futur nouveau-né. Pour empêcher la
concrétisation d’une telle aberration – qui nous vaut le slogan « Enfin papa ! » sur l’affiche française du film – une seule personne semble requise : la propre mère de Freddy. Hélas, celle-ci a
passé l’arme à gauche depuis belle lurette. La vérité sur la naissance de ce psychopathe griffu nous est alors révélée dans toute sa folie : Freddy est le fruit du viol collectif d’une infirmière
par une centaine de malades mentaux dans une institution psychiatrique !
Pour donner corps au scénario de Leslie Bohem (futur
auteur des peu glorieux "Daylight" et "Le pic de Dante"), une impressionnante armada de maquilleurs, de maquettistes, d’animateurs et d’artistes divers concocte des séquences d’effets spéciaux
une fois de plus excessives, pour que les téléspectateurs familiers avec "Les cauchemars de Freddy" (extension télévisée de la saga amorcée en 1988) puissent
bénéficier sur grand écran d’un spectacle bien plus impressionnant. Les cauchemars rivalisent donc d’outrance : jeune homme fusionnant avec sa moto pour se muer en créature bio-mécanique, fan de
comic book propulsé dans une bande dessinée grandeur nature, adolescente boulimique dont le visage enfle démesurément, décor vertigineux orné d’escaliers sans dessus dessous à la MC
Escher, fœtus qui arbore le visage grimaçant de Freddy…
Fait original : ici, chaque cauchemar est pris en charge par une compagnie d’effets
spéciaux distincte, comme s’il s’agissait de petits films autonomes. Or, c’est justement là que le bât blesse. En juxtaposant les idées et les visions originales au lieu de les harmoniser au sein
d’une structure narrative digne de ce nom, "Freddy 5" préfère l’accumulation à la construction et ne parvient donc jamais à captiver, son rythme global s’avérant souvent
défaillant et chaotique. Sans doute les délais impossibles imposés à Hopkins - 4 semaines de tournage et 4 semaines de montage - sont-ils en partie responsable d’un résultat si
bancal.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |