| titre original | "My bloody Valentine 3D" |
| année de production | 2009 |
| réalisation | Patrick Lussier |
| version précédente | "Meurtres à la Saint-Valentin", 1981 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
"Meurtres à la Saint-Valentin 3D" est le remake en relief d'un sympathique slasher qui bénéficiait d'un scénario riche en rebondissements, d'un décor de mine
claustrophobique et d'un tueur impressionnant engoncé dans une tenue de mineur et armé d'une pioche. Ces trois atouts sont évidemment au cœur du remake de Patrick Lussier. L'intrigue se situe dans la petite ville minière d'Harmony, théâtre d'un drame épouvantable. Suite à une erreur de débutant, le jeune mineur Tom Hanniger
provoqua la mort de 5 hommes. Traumatisé, Harry Warden, l'unique survivant, se réveilla de son coma un an plus tard, le jour de la Saint-Valentin, et s'en alla occire 22 personnes à coups de
pioche avant d'être abattu. Une décennie plus tard, Tom Hanniger revient à Harmony pour tourner la page. Or, il semble que le tueur de la Saint-Valentin soit de
retour...
Certes, le scénario ne transcende pas vraiment un genre déjà très codifié, et les personnages n'échappent pas à un certain stéréotype. Mais qu'importe. L'intérêt du film est ailleurs, et les
spectateurs venus éprouver le grand frisson en ont largement pour leur argent. Il faut d'abord saluer la mise en scène exemplaire d'un Patrick Lussier que l'on connut bien moins inspiré.
Collaborateur régulier de Wes Craven dont il monta plusieurs films, il passa à la mise en scène sans panache avec des œuvres telles que "The Prophecy 3", "Dracula 2001" ou "La voix des morts 2". Ici pourtant, il nous surprend par
une inventivité permanente et des choix artistiques de premier ordre. Du générique de début extrêmement graphique jusqu'aux dernières péripéties d'un climax mouvementé, ce nouveau
"Meurtres à la Saint-Valentin" dépasse largement son modèle en terme d'efficacité et ne recule devant aucun excès pour satisfaire les fans
d'horreur.
Du coup, les meurtres s'avèrent particulièrement gratinés. Extrêmement violents mais jamais complaisants, les effets gore surprennent par leur outrance et démontrent à quel point une pioche peut
faire des ravages sur un corps humain ! C'est là que le visionnage du film en relief gagne le plus d'impact. Car l'arme acérée jaillit littéralement au visage du spectateur, quand ce ne sont pas
les différents organes arrachés qui voltigent dans la salle de cinéma, muant quasiment le film en attraction de fête foraine ! Peu soucieux des réactions de la censure, le cinéaste s'offre même
une longue séquence mettant en scène une victime féminine intégralement nue, les généreuses rondeurs de la demoiselle gagnant évidemment en volume grâce à la 3D !
Pour ludique qu'il soit, l'emploi du relief ne se limite pas pour autant à projeter des objets, des morceaux de cadavres ou des poitrines girondes au public. Lussier sait dépasser la simple
gadgétisation pour doter sa mine souterraine d'une profondeur étouffante et pour enrichir son langage cinématographique, disséminant parfois à l'avant-plan des éléments (objets ou personnages)
amenés à jouer un rôle crucial au sein de sa dramaturgie. Même la scène érotique sus-citée utilise la nudité de son infortunée protagoniste comme support de suspense. Bref, voilà un bel exercice
de style, qui exploite enfin avec richesse l'immense potentiel du cinéma en 3 dimensions.
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |