It happened once, it happened twice. Cancel the dance or it'll happen
thrice.
| titre original | "My bloody Valentine" |
| année de production | 1981 |
| réalisation | George Mihalka |
| remake (en relief) | "Meurtres à la Saint-Valentin 3D", Patrick Lussier, 2009 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
La scène d'intro de "Meurtres à la Saint-Valentin" est plutôt troublante. Dans une mine, une jeune femme et un homme s'apprêtent à faire l'amour. Mais ce dernier ne quitte pas sa
tenue de mineur ni son masque à gaz. Et en guise de l'extase attendue, notre homme masqué assassine sa partenaire d'un coup de pioche bien placé. La suite du film nous familiarise avec une
nouvelle légende urbaine. Les dates du calendrier les plus « macabres » ayant déjà été empruntées par les slashers précédents ("Halloween" et "Vendredi 13"), les scénaristes
Stephen A. Miller et John Beaird eurent l'idée de détourner une fête
habituellement romantique et sirupeuse : la soirée des amoureux du 14 février.
Dans la ville minière de Valentine Bluffs, un drame est survenu un soir de la Saint-Valentin, il y a vingt ans. Alors que le bal des amoureux battait son plein, sept mineurs restèrent sous terre
en attendant la relève, sans se soucier du niveau de méthane qui ne cessait d'augmenter. L'explosion inévitable qui s'ensuivit les tua tous, sauf Harry Warden, qui sombra dès lors dans la folie.
Après un an d'internement, il s'échappa, réendossa sa tenue de mineur, empoigna sa pioche et s'en alla arracher le cœur des deux surveillants responsables selon lui de l'accident, un soir de
Saint-Valentin. Dès lors, le bal du 14 février fut proscrit. Mais aujourd'hui, les notables de la ville décident de conjurer la malédiction en organisant un nouveau bal. Or les boîtes de bonbons
emplies de cœurs humains commencent à circuler, et les meurtres s'enchaînent. Pris de panique, le maire annule la fête. Déçus, les jeunes du coins décident alors de festoyer dans les locaux de la
mine. Evidemment, rien ne va plus le soir du 14 février.
"Meurtres à la Saint-Valentin" est un slasher de base, accumulant sans vergogne les personnages idiots et les situations connues. Mais il faut reconnaître que le film
bénéficie d'une réalisation soignée (œuvre du méconnu cinéaste hongrois George Mihalka dont ce fut le second long-métrage), d'un décor original (capté dans
une véritable mine), d'un tueur au look surprenant et de meurtres assez inventifs. Ainsi, même si l'assassin a une prédilection pour les coups de pioche, il aime bien varier les plaisirs : femme
qui finit dans une machine à laver, garçon bouilli au milieu des hot-dogs, jeune fille transformée en fontaine macabre, mitraillages au pistolet à clou, empalement d'un couple enlacé (une idée
empruntée à "La baie sanglante" de Mario Bava et qui resservira la même année dans "Vendredi 13 : le tueur du
vendredi").
Une petite rivalité amoureuse pimentant l'intrigue, quelques bonnes scènes de suspense et un twist final achèvent de placer "Meurtres à la Saint-Valentin" parmi les meilleures
imitations d'"Halloween" et de "Vendredi 13" qui sévirent par dizaines au début des années 80. Généreux en scènes gore conçues par Tom Burman, le film fut interdit aux moins de
18 ans, avant que 10 minutes de coupes franches ne lui permirent de sortir en salles avec la classification R (« restricted »).
En 2001, George Mihalka tenta de convaincre les producteurs d'en tirer une séquelle, en vain. Il faudra attendre 2009 pour que "Meurtres à la
Saint-Valentin" connaisse les honneurs d'un remake en relief.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |