| titre original | "Friday the 13th, part VIII : Jason takes Manhattan" |
| année de production | 1989 |
| réalisation | Rob Hedden |
| épisodes précédents | • "Vendredi 13", Sean S. Cunningham, 1980 |
| • "Le tueur du vendredi", Steve Miner, 1981 | |
| • "Meurtres en trois dimensions", Steve Miner, 1982 | |
| • "Vendredi 13 : chapitre final", Joseph Zito, 1984 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 5 : une nouvelle terreur", Danny Steinman, 1985 | |
| • "Jason le mort-vivant", Tom McLoughlin, 1986 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 7 : un nouveau défi", John Carl Buechler, 1988 | |
| épisodes suivants | • "Jason va en enfer", Adam Marcus, 1993 |
| • "Jason X", James Isaac, 2001 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Le 7ème "Vendredi 13" n'avait pas grand-chose pour plaire, mais il présentait au moins l'avantage de nous montrer le Jason Voorhees le plus destroy de toute la série : un corps massif en
décomposition laissant apparaître une colonne vertébrale décharnée, une chaîne rouillée autour du cou, une impayable figure de zombie grimaçante et borgne... Bref, une réinterprétation très
eighties de l'icône créée par Sean S. Cunningham. Ce 8ème opus semblait vouloir renouveler le mythe en transposant l'action à New York. D'où le titre prometteur de "Jason takes
Manhattan" (remplacé en France par un "ultime retour" à peu près aussi mensonger que le "chapitre final" de 1984). Le scénariste et réalisateur Rob Hedden
s'en donna donc à cœur joie, imaginant des séquences horrifiques situées sur le pont de Brooklyn, Madison Square Garden et l'Empire State Building.
Hélas, les pontes de Paramount eurent tôt fait de calmer ses ardeurs. Avec un budget de 5 millions de dollars, il n'était pas question que Jason fasse du tourisme sur Big Apple, et le
pauvre Hedden fut contraint de tout réécrire. Beaucoup moins palpitante, l'action se situe donc principalement à bord du Lazarus, un navire de croisière qui emmène des étudiants de
Lakeview (une bourgade voisine de Crystal Lake, évidemment) vers New York. Comment ressusciter Jason, qui mourait au fond du lac dans le film précédent ? Bah, un peu de courant électrique
transmis par un câble sous-marin touché par l'ancre d'un petit bateau devrait faire l'affaire !
Or le propriétaire du bateau est un lycéen qui a pensé à apporter un masque de hockey pour faire une blague à sa copine. Ça, c'est une chance ! Ce bon gros Jason (interprété par le massif
Kane Hodder) va donc pouvoir cacher sa vilaine figure (après avoir occis le jeune couple avec un harpon), grimper sur le Lazarus et continuer ses
joyeux massacres. Et c'est parti pour une heure de batifolages sans intérêt, de meurtres routiniers, de nudités soft et de cris stridents que personne, à bord, ne semble entendre. Seules
surnagent quelques visions choc de Jason enfant, liées à un traumatisme subi par le personnage féminin principal. Quant aux scènes new-yorkaises, elles se limitent à quelques molles péripéties
dans trois ruelles et deux tunnels.
Si l'on ajoute des acteurs plus mauvais que jamais, des maquillages pitoyables (il faut voir la ridicule tête défigurée de Jason pour le croire !) et des rebondissements grotesques (bien
pratique, ce fût de déchets toxiques qui traîne négligemment dans les égouts !), on obtient sans conteste le pire épisode de la saga. Pourquoi diable Hedden n'a-t-il pas multiplié les idées
visuelles osées, comme la scène où Jason découvre avec perplexité l'immense affiche d'un match de hockey exhibant un masque identique au sien, ou le coup de poing décapitant qu'il assène à un
adversaire féru de boxe ?
Face aux recettes jugées peu satisfaisantes (19 millions de dollars), Paramount décida dès lors de céder la franchise au studio New Line, lequel allait donner un coup de fouet au mythe avec
"Jason va
en enfer".
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |