10 ans plus tard...
| titre original | "Halloween 4 : the return of Michael Myers" |
| année de production | 1988 |
| réalisation | Dwight H. Little |
| musique | John Carpenter |
| épisodes précédents | • "Halloween, la nuit des masques", John Carpenter, 1978 |
| • "Halloween 2", Rick Rosenthal, 1981 | |
| • "Halloween 3 : le sang du sorcier", Tommy Lee Wallace, 1982 | |
| épisodes suivants | • "Halloween 5 : la revanche de Michael Myers", Dominique Othenin-Girard, 1989 |
| • "Halloween 6 : la malédiction", Joe Chappelle, 1995 | |
| • "Halloween : 20 ans après", Steve Miner, 1997 | |
| • "Halloween : résurrection", Rick Rosenthal, 2002 |
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Lancer sur les écrans un "Halloween 3" dénué de la moindre allusion à Michael Myers constituait un
pari osé, mais n'était-ce pas tuer la poule aux œufs d'or ? Face à l'accueil mitigé de ce 3ème opus volontairement hors sujet, "Halloween 4" marque le retour du croquemitaine au
visage blanc, ce que souligne sans équivoque le sous-titre "Le retour de Michael Myers". Ce 4ème opus marque également le 10ème anniversaire de la création du personnage. A cette occasion, John
Carpenter fut invité à imaginer une histoire originale, laquelle concernait des événements surnaturels touchant les habitants de la ville d'Haddonfield suite aux funestes événements survenus dans
les 2 premiers "Halloween". Plus proche de "Fog" que de "La nuit des masques", cette approche fut jugée trop peu conformiste par des producteurs peu imaginatifs
soucieux de revenir à la formule du slasher classique.
Exit donc Carpenter, place au scénariste Alan B. McElroy (futur auteur de "Spawn" et "Détour mortel") et au réalisateur Dwight H. Little. McElroy s'acquitta de sa tâche en une dizaine de jours et livra un script laissant finalement peu de
place à la surprise. L'intrigue se situe logiquement en 1988. Michael Myers, qui a tenté 10 ans plus tôt de tuer sa sœur Laurie, émerge de l'état cataleptique dans lequel il se trouvait depuis
lors. Il réussit à s'enfuir à l'occasion d'un transfert et rejoint Haddonfield, sa ville natale. C'est le début d'une nouvelle succession de meurtres... Dwight Little maîtrise certes les scènes d'action, comme le confirme cette
impressionnante poursuite sur le toit, ainsi que les moments de suspense pur (savoir-faire qu'il réutilisera sur des séries comme "24 heures chrono" ou
"Prison break"). Mais le film ne sort pas vraiment de la routine du genre. A grand renfort de plans fort convenus (caméras subjectives, travellings au
grand-angle, avant-plans inquiétants), on nous ressert donc l'habituel lot de meurtres, de protagonistes superficiels et de dialogues sentencieux.
Dans ce domaine, le docteur Loomis (Donald
Pleasence) continue sur la voie ouverte 10 ans plus tôt (« Vous parlez de lui comme si c'était un homme, or cette partie de lui est morte il y a bien longtemps »,
énonce-t-il gravement), tandis que le personnage de Jack Sayer (Carmen Filipi) en rajoute avec emphase : « Apocalypse, fin du monde, Armageddon, ça a toujours
un visage et un nom .Vous ne pouvez pas tuer la damnation, elle ne meurt pas comme un homme ! ». Le seul personnage qui présente un peu d'intérêt est Jamie, la nièce de Myers, incarnée par une
petite Danielle Harris très expressive. Par son intermédiaire, le dénouement, qui constitue la partie la plus réussie du film, nous renvoie au prologue de
"La nuit des masques" et clôt la série sur une note très peu rassurante.
Trop peu sanglant aux yeux du producteur Moustapha Akad, le premier montage fut modifié à la dernière minute, incluant des séquences gore tournées
spécialement par le maquilleur John Carl Buechler, coutumier du genre ("Re-animator", "Aux portes de l'au-delà").
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |