| titre original | "Friday the 13th, part 3, 3D" |
| année de production | 1982 |
| réalisation | Steve Miner |
| épisodes précédents | • "Vendredi 13", Sean S. Cunningham, 1980 |
| • "Le tueur du vendredi", Steve Miner, 1981 | |
| épisodes suivants | • "Vendredi 13 : chapitre final", Joseph Zito, 1984 |
| • "Vendredi 13, chapitre 5 : une nouvelle terreur", Danny Steinman, 1985 | |
| • "Jason le mort-vivant", Tom McLoughlin, 1986 | |
| • "Vendredi 13, chapitre 7 : un nouveau défi", John Carl Buechler, 1988 | |
| • "Vendredi 13, l'ultime retour", Rob Hedden, 1989 | |
| • "Jason va en enfer", Adam Marcus, 1993 | |
| • "Jason X", James Isaac, 2001 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Steve Miner reprend du service pour cette 2ème séquelle de "Vendredi 13". Fidèles à la mécanique établie un an plus tôt, les 5
premières minutes de "Meurtres en trois dimensions" reprennent la fin du "Tueur du vendredi". Puis, soudain, sans préavis, une musique disco
outrancière retentit avec emphase, tandis que le titre en relief envahit tout l'écran. Car, comme son titre français l'indique clairement, le 3ème "Vendredi 13" se paie le luxe de la
troisième dimension, s'inscrivant dans un éphémère phénomène de mode qui donnera naissance à "Amityville 3D" et "Jaws 3D".
La scène d'intro se situe dans une espèce d'épicerie crasseuse tenue par un couple caricatural, bientôt trucidé à coup de hachoir et de lance. Puis survient l'indécrottable groupe de jeunes
écervelés, au sein duquel sévit le « comique » de service, une espèce de sosie de Michel Boujenah qui multiplie les blagues potaches et simule des morts sanglantes tout au long du film. C'est
pourtant lui qui offrira son fameux masque de hockey à Jason, le tueur puisant cet accessoire dans la panoplie du pathétique farceur. Ainsi, au départ simple gimmick, le masque entre
définitivement dans la légende. Trois loubards improbables alimentent vaguement une intrigue secondaire avant de se faire démastiquer dans une grange, tandis que l'apparition du magazine
Fangoria, lu par une future victime, permet un hommage au maquilleur Tom Savini.
Plus que jamais, Steve Miner se laisse influencer par la mise en scène de John Carpenter, notamment lors de ses cardages
nocturnes en cinémascope, où l'emploi de la courte focale lui permet de faire entrer brusquement dans le champ la silhouette sombre de Jason, impact musical à l'appui. Mais le film se distingue
surtout par ses effets en relief gratuits et souvent ridicules : un homme pointe un bâton vers la caméra, un serpent jaillit hors de sa cage, un rat avance sur une planche, une batte de base ball
envahit tout l'écran, sans parler du yoyo, des balles de jonglage ou des pop corns qui sautent ! L'effet du harpon qui fonce vers nous est déjà plus intéressant, d'autant qu'il se solde par un
effet gore assez gratiné. Mais le meilleur meurtre - et le meilleur effet de relief - est sans conteste celui de l'homme à la tête compressée par les mains de Jason, dont l'œil sort de son orbite
et jaillit vers le spectateur !
S'il calque sa structure sur celui du "Tueur du
vendredi", le climax de "Meurtres en trois dimensions" relève tout de même le niveau, concentrant en quelques minutes toute
l'action et le suspense qui font défaut au reste du métrage. Jason y est bien plus dynamique que dans ses prestations zombiesques ultérieures, et la jeune fille qui l'affronte redouble
d'inventivité pour lui échapper. Le visage difforme du tueur apparaît d'ailleurs plus distinctement que dans le film précédent, évoquant les anthropophages congénitaux de "La colline a des yeux". Ce maquillage saisissant est l'œuvre de Douglas J. White, Allan Apone et Frank Carrisosa.
Nouveau succès (37 millions de dollars de recette pour une mise de départ de 4 millions), "Meurtres en trois dimensions" déclencha aussitôt une nouvelle séquelle, abusivement
titrée "Vendredi 13 : chapitre final".
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |