Un sentiment inévitable de déjà-vu
| titre original | "Amityville 3-D" |
| année de production | 1983 |
| réalisation | Richard Fleischer |
| production | Dino De Laurentiis/Orion |
| épisodes précédents | • "Amityville, la maison du diable", 1979 |
| • "Amityville 2, le Possédé", 1983 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
En 1983, le cinéma fantastique se prit d'un nouvel amour inconsidéré pour le relief, suivant la vogue qu'avaient connu les années 50 avec "L'étrange créature du lac noir", "L'homme au masque de
cire" et autre "Le météore de la nuit". Ainsi, nombre de sagas crurent bon de s'adonner à la 3ème dimension à l'occasion de leur 3ème épisode. D'où "Les dents de la mer 3",
"Meurtres en trois dimensions" ou cet "Amityville 3D" que nous livra ce bon vieux Dino De Laurentiis, confiant
cette fois-ci la mise en scène au vétéran Richard Fleischer ("Le voyage fantastique" et "20 000 lieues sous les mers", tout de même).
Au cours d'une scène d'introduction plutôt bien troussée, le journaliste John Baxter (Tony Roberts) achète la célèbre maison d'Amityville après avoir dévoilé
les supercheries d'une fausse séance de spiritisme. Evidemment, les incidents inexplicables ne tardent pas à survenir. L'ancien propriétaire de la demeure, dont le visage apparaît flou, déformé et monstrueux sur les clichés de Melanie
(Candy Clark), la collègue de Baxter, succombe à une crise cardiaque après l'attaque d'une centaine de mouches. Puis c'est la photographe elle-même qui est
agressée par la maison et par une force surnaturelle, avant de mourir brûlée dans sa voiture. Malgré tout, le journaliste reste sceptique. « J'ai acheté la maison, pas les fantômes »,
déclare-t-il imperturbablement à sa fille Susan (Lorie Laughlin). Lorsque cette dernière apparaît dans l'escalier de la maison, trempée jusqu'aux os, alors
qu'en réalité elle est en train de mourir à l'extérieur, Baxter est bien obligé de se rendre à l'évidence. En explorant la cave, il découvre un puits sans fond qui semble directement donner accès aux Enfers, une idée visuelle déjà présente dans "La
maison près du cimetière" et "Evil dead". Au cours d'un cauchemar troublant, il voit même sa fille en décomposition surgir du puits empli d'eau bouillonnante. Comme dans "Poltergeist", une équipe de
parapsychologues vient finalement étudier la maison avec du matériel sophistiqué pour tenter d'en percer le secret.
Certes, le relief est principalement utilisé ici dans le but d'accumuler les gimmicks tape à l'œil (frisbee qui plane, verre qui fonce vers la caméra, tuyau qui perce un pare-brise, main
tendue à l'avant-plan, mouche qui vole vers le public), mais ce 3ème "Amityville" se distingue tout de même du lot des séquelles inutiles par l'efficacité de ses séquences choc, son atmosphère
musicale réussie (signée Howard Blake) et ses comédiens convaincants.
Dans le rôle minuscule de l'amie de Susan, on reconnaît une toute jeune Meg Ryan (au cours des rééditions vidéo du film, son nom et son visage, désormais
célèbres, apparaîtront en gros sur le matériel publicitaire). Pendant le climax, un monstre colossal qu'on croirait issu de "C.H.U.D." (œuvre du maquilleur John Caglione) surgit du puits en crachant du feu au visage du docteur Eliott West (Robert Joy) avant de l'entraîner dans les eaux
bouillonnantes. Puis la maison explose (une belle maquette) et envoie valdinguer des tonnes de gravats à la figure du spectateur, achevant là la trilogie cinématographique "Amityville", même si
d'autres épisodes seront réalisés plus tard pour le petit écran.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |