| titre original | "The return of the living dead" |
| année de production | 1985 |
| réalisation | Dan O'Bannon |
| scénario | Dan O'Bannon |
| suites | • "Le retour des morts vivants II", Ken Wiederhorn, 1988 |
| • "Le retour des morts-vivants 3", Brian Yuzna, 1993 | |
| • "Le retour des morts-vivants 4", Ellory Elkayem, 2005 | |
| • "Le retour des morts-vivants 5", Ellory Elkayem, 2005 |
Review de Pierre
Dan O'Bannon est entré dans les livres d'histoire du cinéma pour un grand titre de gloire : il a écrit le scénario d'"Alien, le huitième passager". C'est pas rien.
Le mec, ancien pote de Carpenter, est resté dans le circuit horreur/SF toute sa vie, notamment en faisant le scénario de "L'étoile du mal" de Tobe Hooper.
En 1984, il passe à la réalisation en faisant un "Retour des morts-vivants", directement référencé au film de Romero, mais pile dans la mouvance "gore rigolo" du milieu des
années 80.
Le résultat ? De la m... Dire que j'en avais un bon souvenir... Bon, les effets spéciaux sont nuls, mais ça, à la rigueur, c'est pas grave. Le problème, c'est que rien n'est drôle
et que c'est mal rythmé. Le metteur en scène confond "rythme rapide" avec "agitation", ce qui donne vite mal au crâne. Les acteurs sont laissés à eux-mêmes, hurlant, grimaçant et
gesticulant.
Décidément, on peut difficilement croire que ce film ait engendré une franchise qui continue de livrer de nouveaux opus jusqu'à aujourd'hui (on doit en être au 5ème, je crois). Notons que
l'épisode 3 jouit d'une bonne réputation : réalisé par Bryan Yuzna, le film prend ses distances avec les 2 épisodes d'avant et livre une sorte de "Roméo et Juliette" SM et gore (et très cheap
aussi dans mon souvenir).
J'oubliais : un second couteau marrant, James Karen.
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Cinéphile accompli et auteur de nombreux scénarios fantastiques ("Dark star", "Alien", "Métal hurlant", "L'étoile du mal"), Dan O’Bannon s’est mis en tête
d’apporter une nouvelle pierre à l’édifice des films de zombies, genre qu’il avait abordé avec beaucoup de maestria en écrivant l’excellent et injustement méconnu "Réincarnations". Ici, il propose
une séquelle alternative et rigolarde à "La nuit des
morts-vivants", sans tenir compte de "Zombie" qui en constitue la suite officielle. Occupant lui-même le siège du réalisateur après le désistement
de Tobe Hooper, O’Bannon part d’un postulat pour le moins original.
D’après son scénario, le film que George Romero réalisa en 1968 repose sur des faits réels, et l’armée a vraiment expérimenté un produit chimique gazeux
censé ramener les morts à la vie. Or, comme par hasard, le gaz en question est entreposé dans des fûts au sous-sol d’une morgue. Il suffit alors que les récipients soient ouverts par inadvertance
suite à la maladresse d’un employé pour que le carnage commence. D’autant qu’un groupe de punks surexcités a eu la bonne idée de festoyer dans le cimetière voisin, offrant aux zombies affamés un
lot non négligeable de chair fraîche. Les cadavres ramenés à la vie s’avèrent indestructibles, puisque même coupés en morceaux ils continuent à s’agiter avec sauvagerie. Et contrairement à ceux
de Romero, ils ne se laissent guère intimider par un simple impact de balle en plein cerveau. Seul le feu semble susceptible de les arrêter. Mais un orage gronde bientôt, et lorsque la pluie
s’abat sur les lieux, le gaz s’éparpille en tout lieux, multipliant de manière alarmante le nombre de morts-vivants alentour.
Si O’Bannon rejoint Romero dans la satire des autorités, du gouvernement et de l’armée, il se distingue cependant par un ton résolument parodique. Ses
morts-vivants parlent, blaguent, courent comme des dératés et se livrent joyeusement à l’anthropophagie, notamment ce jeune homme zombifié qui court après sa petite amie en lui déclarant sa
flamme… tout en n’ayant d’yeux que pour son appétissant cerveau ! Chacune des sanglantes exactions de ces morts décidément très dynamiques vire donc quasi-systématiquement au gag. Dans ce
registre, on se souvient surtout de cette séquence burlesque où les zombies, ayant dévoré tous les occupants d’une voiture de police, appellent des renforts à la radio pour se mettre d’autres
pandores sous la dent.
La légèreté générale du ton peut rebuter quelque peu l’amateur d’épouvante pure et dure (d’autant qu’O’Bannon sature sa bande originale de morceaux de
hard rock pour séduire le public ado), mais les effets spéciaux horrifiques emportent forcément l’adhésion du zombiphile le plus exigeant. Notamment cette morte coupée en deux qui s’agite sur une
table d’opération, ou ce cadavre ambulant au corps goudronneux qui se décompose pendant tout le film en vociférant « cerveau ! » chaque fois qu’il croise un humain. Le dénouement, pour le moins
radical, voit le gouvernement lâcher sur la ville contaminée une bombe atomique, carrément, pour éradiquer la menace… Comme si la mort avait peur de l’atome !

Couverture du Cinefantastique d'octobre 1985
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |