| titre original | "Revenge" |
| année de production | 1989 |
| réalisation | Tony Scott |
| interprétation | Kevin Costner, Anthony Quinn, Madeleine Stowe, Tomas Milian, Miguel Ferrer, |
| John Leguizamo |
Review de
Pierre
Pendant une large partie de sa carrière, Tony
Scott a flirté avec le polar hyper burné. Dès la fin des années 80, il a voulu tourner "Man on fire", qui a finalement échu (pour un temps) à Elie Chouraqui (qui réalisé
le film avec Scott Glenn). A la place, Tony Scott a mis en boite "Revenge",
adaptation de Jim Harrison, censée lui permettre d'aller à fond dans le mélodrame couillu et sanglant.
Ce film jouissant d'une bonne notoriété chez les afficionados et chez Quentin Tarantino, j'ai voulu voir. Au final, c'est largement décevant.
Le pitch : un ancien militaire (Costner) part en vacances au Mexique chez un pote à lui avec lequel il a joué au tennis (Anthony Quinn), qui est en fait un grand ponte richissime et
carrément gangster. Hélas, Costner tombe amoureux de la femme de Quinn (Madeleine Stowe), et réciproquement. Quinn va leur faire payer grave, et Costner, laissé pour mort, va vouloir prendre sa
revenge.
Il y a beaucoup de bonnes choses là-dedans : un environnement inquiétant, genre loi de la jungle, qui permet en même temps un délire western. Le personnage de Quinn est très réussi, ce dernier le
rend tour à tour paternel, sympathique et en même temps inquiétant. Son second, Tomas Milian (le vieux général de "Traffic", entre autres), est aussi très
convaincant.
Mais Costner est fadasse, d'abord dans un rôle de beau gosse à la Tom Cruise, puis dans le rôle du returner à la Bronson. Surtout, la revenge du titre est complètement aseptisée, voire carrément zappée (le film a eu de gros problèmes
de montage, et ça se voit). Et Costner se fait aider de deux acolytes (Albert de "Twin peaks" et Leguizamo tout jeune) qui ne font pas vraiment avancer le truc. C'est dommage, car on sent une vraie volonté du réalisateur de donner dans le romantisme burné et
morbide.
Le film aura été un gros échec au box-office, tel qu'il ne sortira pas au ciné en France (il aura droit à une toute petite sortie après le succès de "Danse avec les loups", postérieur d'un
an).
Sa revenge, Tony
Scott l'aura finalement en 2004 quand il réalisera "Man on fire", qui lui ressemble à plus d'un titre (même découpage en deux parties émotion/revanche burnée, même type
d'environnement exotique et hostile à la fois), en beaucoup plus réussi.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |