Affaires privées

titre original "Internal affairs"
année de production 1989
réalisation Mike Figgis
interprétation Richard Gere, Andy Garcia, Nancy Travis, William Baldwin


Review de Pierre

"J'baise ta femme" : c'est sur cette excellente blague, criante de génie et de simplicité, que fonctionne le polar/thriller "Affaires privées", 2ème film de cinéma de Mike Figgis.
Mais attention, pas de blague ici, c'est du premier degré dans ce film de la toute fin des années 80, mais encore sérieusement arrimé à cette décennie.

Le pitch, c'est l'affrontement entre un boeuf carotte latino (Andy Garcia) et Dennis Peck, un flic ripoux et affreux (Richard Gere). Le modus operandi de Peck, pour se débarasser de ses ennemis ? Il baise leur femme ! Utilisant ses dons de séduction innés (qui n'aimerait pas baiser avec Gere ?), Peck va insinuer le doute dans la tête de Garcia sur la fidélité de sa femme...

Si on veut faire prétentieux, on peut dire que ce film est une sorte de version moderne d'"Othello" (toutes proportions gardées) en polar 80's. La mise en scène est honnête, ça va vite, et il y a quelques plans par ci, par là soigneusement composés. De la même manière, l'ambiance sonore et musicale est globalement réussie (Figgis est aussi musicien).

Bien sûr, c'est ringard, et c'est sûr que prendre le Baldwin de "Backdraft" comme second rôle n'est pas le meilleur moyen de traverser les années. Et puis l'ambiance "sulfureuse" fait parfois franchement toc.
Mais au final, le film a un atout : Gere. Affreux, menteur, dégueulasse, énervant, violent, cynique, il joue un des pires salauds de ces 20 dernières années, et toujours avec un air satisfait insupportable. Sa prestation est donc très bonne.

Allez, je ne résiste pas à l'envie de vous donner quelques dialogues savoureux, que j'ai adorés :
- Garcia est dans un ascenceur, fou de jalousie, la porte s'ouvre et arrive Gere qui commence à le frapper, en lui murmurant : "Tu sais où elle la voulait ta femme, Raymond ? J'aurais dû m'en douter, elle la voulait dans le c..., Raymond. Tu m'entends ? Dans le c... !". J'adore le "j'aurais dû m'en douter" !
- autre séquence : un mec loue les services de Gere pour tuer ses parents. Il rentre chez lui et tombe sur Gere en train de sauter sa femme avec un gros sourire. Le mec rentre en transe et dit "je vais la tuer". Gere, impassible et complètement indifférent, lui lance un revolver et lui lâche "Mais oui, tue-la. Tes parents sont morts, ta femme, c'est une pute, elle baise avec tout le monde, allez, bute-la". Et il se casse sans attendre de voir ce qui se passe. Quel méchant, quand même !

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