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| titre original | "Cat people" |
| année de production | 1982 |
| réalisation | Paul Schrader |
| photographie | John Bailey |
| musique | Giorgio Moroder |
| interprétation | Nastassja Kinski, Malcolm McDowell, John Heard, Annette O'Toole |
| version antérieure | "La Féline", Jacques Tourneur, 1942, Etats-Unis |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
En s'attelant au remake de "La Féline" de Jacques Tourneur, Paul Schrader s'est
attaché à rendre explicite tout ce qui avait été simplement évoqué dans le film précédent : l'érotisme, la violence et les effets spéciaux.
Du coup, la belle Nastassja Kinski (reprenant le rôle d'Irena, la femme panthère incarnée par Simone Simon) révèle ici son anatomie sous la moindre de ses
coutures, le sang coule généreusement (notamment avec le bras arraché d'un employé du zoo ou les restes en charpie d'une victime dans un hôtel), et le maquilleur Tom
Burman s'adonne à des métamorphoses très graphiques, héritées d'"Hurlements" et du "Loup-garou de Londres".
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Même le scénario s'efforce de nous expliquer en détail l'origine de ces étranges cat people : un
peuple qui sacrifiait jadis des nouveaux-nés aux fauves, jusqu'à ce que l'âme des animaux ne s'empare d'eux et ne les transforme en bêtes humaines condamnées à l'inceste, sous peine de se
transformer en félins dès le premier acte sexuel, et de ne pouvoir retrouver forme humaine qu'après avoir dévoré leur amant.Et tandis qu'Irena avoue en début de film qu'elle a toujours eu « un étrange métabolisme », son frère Paul lui résume
plus tard sans concession la malédiction qui les frappe : « Chaque fois que cela arrive, tu te dis que c'est l'amour. Mais ce n'est pas le cas. C'est le sang. Et la mort. Tu ne peux échapper à
ton cauchemar sans moi, et je ne peux échapper à mon cauchemar sans toi. Je t'ai attendue longtemps... »
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Ce parti pris démonstratif est tout à fait en accord avec les envies du public des années 80, bien moins
enclin à la suggestion que celui des années 40, mais on ne peut s'empêcher de garder un faible pour les subtilités de la version Tourneur. D'ailleurs, lorsque le film de Schrader imite
littéralement son modèle, avec l'entrée de champ du tramway qui rugit comme un fauve ou la scène de la fille terrorisée dans la piscine (la prude Jane Randolph étant ici remplacée par une
Annette O'Toole aux seins nus), il peine à l'égaler en efficacité et en atmosphère.
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Pourtant, "La Féline" version 82 n'est pas dénuée de charme. Le casting est extrêmement intelligent, dans la mesure où Kinski et McDowell se ressemblent effectivement comme frère et sœur et arborent des traits félins indéniables.
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La mise en scène elle-même regorge d'idées visuelles et d'étonnantes ruptures de rythme, nimbée qu'elle est
par une magnifique photographie de John Bailey, tandis que la Nouvelle-Orléans prend ici une tournure onirique, quasi surréaliste, sous la direction
artistique inspirée de Fernando Scarfiotti. Quant à la musique de Giorgio Moroder, moins disco et
vulgaire qu'à l'ordinaire, elle se pare avec bonheur des vocalises envoûtantes de David Bowie.
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De son propre aveu, Paul Schrader n'y allait pas de main morte avec la drogue pendant le tournage, s'avérant parfois même incapable de diriger ses comédiens, ce qui entraîna
l'interruption des prises de vues pendant une journée entière !
Cette nouvelle "Féline" n'enthousiasma guère la presse de l'époque, trop prompte sans doute aux comparaisons avec le classique qui le précéda de 40 ans.


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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |