| titre original | "Battle beyond the stars" |
| année de production | 1980 |
| réalisation | Jimmy T. Murakami |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Adepte de l'imitation des grands succès cinématographiques de son temps, Roger Corman ne pouvait décemment passer à côté du phénomène "La guerre des étoiles". A l'instar des "Evadés de l'espace" de Kinji Fukasaku (qui donna naissance à la mythique série "San Ku Kaï"), il s'est ainsi lancé
dans un habile mixage entre le scénario du space opera de George Lucas et celui des "Sept mercenaires" de John Sturges, en s'appuyant sur un scénario
de John Sayles ("Piranhas", "L'incroyable alligator", "Hurlements"). D'où un titre français marquant clairement les deux
références.
John Saxon interprète ici un substitut de Dark Vador, qui porte le nom de Sador et fait régner la terreur dans la galaxie, à bord de son vaste vaisseau en
forme de requin-marteau. Lorsqu'il rend visite aux pacifiques habitants de la planète Akir, il leur lance un redoutable ultimatum : « Je suis venu avec mes troupes pour vous conquérir »,
lâche-t-il avec emphase. « Si vous résistez, je vous écraserai. Je possède un convertisseur stellaore, l'arme la plus puissante de l'univers. Vous ne pouvez pas me résister. Je veux coloniser
votre planète. » Voilà qui a le mérite d'être clair. Mais les habitants d'Akir décident de ne
pas se laisser faire. Ils envoient donc dans l'espace Shad (Richard Thomas), un jeune émissaire en quête de mercenaires prêts à lutter à leurs côtés contre
l'infâme Sador. Le film prend dès lors la tournure d'une promenade interstellaire pittoresque, l'intervention de chaque nouveau mercenaire s'apparentant presque au segment autonome d'un film à
sketches. Au fil de ses pérégrinations, Shad rallie donc à sa cause une belle informaticienne spécialisée dans la réparation des androïdes, cinq entités blafardes aux pouvoirs paranormaux, un
homme-serpent et ses deux assistants nains, une valkyrie pugnace (la sculpturale Sybill Danning), un cow-boy débonnaire (ce bon vieux George Peppard) et un hors-la-loi recherché aux quatre coins de la galaxie (Robert Vaughn, qui faisait déjà partie du casting des
"Sept mercenaires" vingt ans plus tôt et y jouait un rôle très similaire). Tout ce beau monde s'installe sur Akir (le nom de cette planète est manifestement un hommage à Akira Kurosawa, qui réalisa "Les sept samouraïs"), et le film vire alors à la bataille spatiale conventionnelle, qui aurait tendance à traîner en longueur et à se répéter.
L'intrigue des "Mercenaires de l'espace" n'échappe donc à aucun cliché et s'affuble de dialogues volontiers puérils. Mais le film vaut tout de même le coup d'œil pour ses
créatures insolites, ses effets miniatures inventifs, sa direction artistique originale confiée à un James Cameron alors débutant, et sa partition emphatique signée James Horner, qui amorçait là des trouvailles musicales appelées à resservir dans "Star Trek 2" et "Krull".
Très fier de ces "Mercenaires de l'espace", tournés en à peine cinq semaines dans un studio flambant neuf qu'il venait alors d'acquérir, Roger Corman décida d'en amortir les
dépenses (le film coûta deux millions de dollars, son plus gros budget à l'époque) en recyclant les décors, les maquettes et des extraits de la partition pour bon nombre d'autres films de
science-fiction produits dans la foulée, notamment "Space raiders" d'Howard R. Cohen.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |