| titre original | "The toxic avenger" |
| année de production | 1984 |
| réalisation | Michael Herz et Lloyd Kaufman |
| suites | • "The toxic avenger part II", Michael Herz et Lloyd Kaufman, 1989 |
| • "The toxic avenger part III : the last temptation of Toxie", Herz et Kaufman, 1989 | |
| • "Citizen Toxie : the toxic avenger IV", Lloyd Kaufman, 2000 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Fierté de la compagnie indépendante Troma dirigée avec enthousiasme par Lloyd Kaufman, et probablement inspiré par le
scénario de "L'ange meurtrier" de Larry Stouffer (1974), "Toxic" présente l'intérêt de mettre en vedette
un super-héros pour le moins inhabituel : dégoulinant, affreux, un œil plus bas que l'autre, boursouflé, vêtu d'un tutu, armé d'une serpillère, et 100% radio-actif. Ses origines sont assez
improbables, puisque Toxic nait de la chute de Melvyn - la risée de ses camarades, équivalent masculin de Carrie en quelque sorte - dans un fût de produits radioactifs tranquillement exposé à
l'air libre, au pied d'un club de gym fréquenté par de stupides culturistes dont il était le souffre-douleur. Après sa chute, le produit toxique pénètre la peau de Melvyn qui subit une
transformation assez spectaculaire (à l'aide d'effets de « bladders » qui le déforment à loisir).
Mais son visage définitif, désormais célèbre, n'apparaît que tardivement, afin de laisser d'abord au spectateur le loisir de l'imaginer d'après la réaction de ceux qui le voient. Errant à travers
la ville, désormais haut de deux mètres, il retrouve ses agresseurs et les pulvérise, à grand renfort d'effets gore excessivement saignants. Pris au jeu, le vengeur toxique devient dès lors le
défenseur des opprimés de la petite cité de Tromaville. Loin des fiers justiciers en collants des comics DC et Marvel, "Toxic" est une bouffonnerie cartoonesque dans laquelle cohérence n'est pas vraiment le mot d'ordre. A l'instar de La Chose des "Quatre Fantastiques", Toxic connaît l'amour auprès d'une jolie aveugle qu'il sauve des griffes de malfrats dégénérés.
Et voila notre héros en croisade contre la pègre et la pollution.
Malheureusement, la réalisation et l'interprétation du film sont très approximatives, et gâchent partiellement le potentiel comique d'un tel postulat. D'autant que les blagues de mauvais goût qui
ponctuent régulièrement le scénario de Joe Ritter et Lloyd Kaufman ne sont que très moyennement drôles, malgré leur
audacieux caractère subversif (le serpent caché dans les collants, le jeu de massacre des quatre motards, l'homme qui se masturbe devant des photos de victimes d'accidents de la route...).
Relativement bien maîtrisées, des séquences de poursuites, de combats et de cascades rythment régulièrement le métrage, comme pour lui donner des allures
pseudo-hollywoodiennes.
Quant à la quasi-débutante maquilleuse Jennifer Aspinall (qui allait ensuite œuvrer sur "Street trash",
"Spookies" ou encore "L'Ambulance"), elle gratifie le film d'effets spéciaux horrifico-burlesques volontairement
outranciers (corps écrasé par une moto, membres arrachés, ventres ouverts et eviscérés...).
Au cours d'un final qui n'hésite pas à en faire des tonnes, Toxic et sa dulcinée campent au milieu d'un champ où ils sont traqués par toute une armée. Mais, qu'on se rassure, c'est le bien qui
triomphe, dans un dénouement béat dont il est difficile de savoir si l'aspect caricatural est volontaire ou non. Une chose est sûre : "Toxic" est devenu non seulement l'icône de
Troma, mais aussi un véritable objet de culte, le héros d'une série animée, d'un comic book et de 3 autres films tout autant déjantés.
La
chronique de Nanarland : cliquer ici.
Un film gore parodique
extrait de l'ouvrage Le cinéma gore, une esthétique du sang de Philippe Rouyer
"Toxic" est le film qui fit connaître Troma, modeste compagnie de production et de distribution spécialisée dans la série Z, fondée en 1974 par Herz et Kaufman. Les deux hommes
ont réalisé eux-mêmes ce film qui met en scène les aventures de Toxic, le premier super héros gore de l'histoire du cinéma.
Les origines de ce justicier - balayeur débile dans un club de gymnastique, il acquiert ses superpouvoirs en chutant dans un baril de déchets radioactifs à la suite d'une mauvaise blague -
donnent une idée juste du mauvais goût de l'ensemble. Métamorphosé en monstre difforme et purulent, notre homme entreprend d'assainir sa commune (Tromaville) en infligeant d'affreux sévices aux
gangsters et notables pourris qui y font régner la terreur.
Ses exploits horrifico-comiques (immersion d'un loubard dans une friteuse, crâne défoncé par un appareil de musculation, passage à tabac effectué à l'aide d'un bras arraché) sont à la hauteur des
méfaits de ses victimes, caricatures grossières de la société américaine (les yuppies qui s'amusent à écraser de jeunes enfants sur la route).
Dans la foulée de "Toxic", Troma mettra en chantier d'autres productions du même style sans renouer avec ce premier succès. Raison pour laquelle cette compagnie tentera de
modifier son image de marque en limitant, en 1989, les effets gore de "Toxic avenger 2" et "Toxic avenger 3".
NB : Lloyd Kaufman, frère de Charles Kaufman (le réalisateur de "Mother's day"), figure au générique sous le pseudonyme de Samuel Weil.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |