Générique prestigieux pour un hommage en 4 épisodes
| titre original | "Twilight zone : the movie" |
| année de production | 1983 |
| réalisation | John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante, George Miller |
| scénario | Richard Matheson |
| musique | Jerry Goldsmith |
| production | Steven Spielberg, John Landis |
| interprétation | Dan Ayckroyd, John Lithgow |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Créée par Rod Serling et diffusée sur les petits écrans américains entre 1959 et 1964, "La quatrième dimension" est probablement la série télévisée de
science-fiction la plus marquante et la plus influente de tous les temps. Véritable vivier de scénaristes, de réalisateurs et de comédiens, elle variait à l'infini la confrontation de personnages
ordinaires à des phénomènes extraordinaires, et achevait chacun de ses épisodes sur une chute vertigineuse jouant notamment sur la théorie de la relativité et les faux-semblants.
Steven Spielberg, John Landis, Joe Dante et George Miller font partie des innombrables
réalisateurs profondément inspirés par "La quatrième dimension". Portés aux nues par les succès respectifs de "E.T.", "Le loup-garou de Londres", "Hurlements" et "Mad Max 2", les quatre hommes ont décidé en 1983 de rendre hommage à Serling à travers un film à sketches reproduisant quatre de
leurs épisodes préférés. Et comme on pouvait le craindre, malgré une telle conjugaison de talents, un budget conséquent et des effets spéciaux haut de gamme, le résultat pâlit de la comparaison
avec son illustre modèle. Il y avait, dans la série initiale, une créativité de tous les instants palliant le manque évident de moyens. Or ici, les quatre golden boys, visiblement trop
confiants, semblent s'être reposés sur leurs lauriers.
Seul le sketch de John
Landis (1er épisode) surnage réellement. Il met en vedette un irascible raciste interprété par Vic Morrow, qui se retrouve
subitement dans la peau d'un Noir au milieu du Ku-Klux-Klan, puis à la place d'un Juif parmi les Nazis... Terrifiant et cynique, ce segment fut frappé, au cours de son tournage, par un accident
dramatique qui coûta plusieurs vies, dont celle de Morrow, et bouleversa John Landis à tout jamais.
Joe Dante (3ème épisode) et George Miller (4ème épisode), de leur côté,
s'attaquent à des récits mixant épouvante et comédie. Le premier raconte l'histoire d'un enfant doté de pouvoirs inquiétants qui terrorise sa famille tout entière, en faisant notamment apparaître
un monstre aux côtés de son oncle apprenti-magicien et en effaçant la bouche de sa sœur trop bavarde. Le second narre la mésaventure du passager d'un avion qui panique en apercevant une hideuse
créature occupée à détruire l'un des réacteurs de l'appareil. Panique d'autant plus aigue qu'il est le seul à voir la scène... La mise en scène de ces deux
sketches est très soignée, et le casting des plus convaincants, mais le souvenir des vieux épisodes dont ils s'inspirent, plus sobres et plus efficaces, joue en leur défaveur.
Quant à Spielberg (2ème épisode), une fois
n'est pas coutume, il tombe dans le piège de la mièvrerie larmoyante en attaquant trop frontalement une thématique qu'il maîtrise pourtant d'habitude : la préservation coûte que coûte d'une âme
d'enfant. Du coup, son histoire de vieillards retombant en enfance grâce à une boîte magique tombe à plat. Curieusement, le quasi-remake qu'il produira deux ans plus tard, le fameux
"Cocoon", sera bien
plus abouti.
Bref, une initiative inégale, qui prouve une fois de plus combien la série de Rod Serling demeure unique au monde, atemporelle et
inégalable.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |