| titre original | "Labyrinth" |
| année de production | 1986 |
| réalisation | Jim Henson |
| scénario | Terry Jones |
| interprétation | David Bowie, Jennifer Connelly |
Review de
Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Fort du succès artistique de "Dark Crystal", Jim Henson, le père du Muppet
Show, décida de transformer l'essai en se lançant dans un nouveau conte fantastique appréciable à la fois par les enfants et les adultes. Au lieu d'opter une fois de plus pour un
casting exclusivement constitué de marionnettes (c'était la grande originalité de "Dark Crystal" en 1982), il préféra cette fois mixer créatures fantastiques
et acteurs humains. Revu à la hausse, le budget atteint la somme confortable de 25 millions de dollars (contre 15 millions pour "Dark Crystal").
La jeune Jennifer Connelly, qui venait de faire ses preuves dans "Phenomena" de Dario Argento, tient donc la vedette de
"Labyrinthe", dont le scénario fut co-écrit par Henson et l'ex-Monty Python Terry Jones, et dont la production fut assurée par George Lucas. Elle y incarne Sarah, une adolescente romantique mal à l'aise dans sa vie de famille. Grâce aux contes fantastiques qu'elle lit à longueur de journée, elle trouve le moyen de s'évader d'un quotidien trop
morne et imagine même de temps en temps que son frère cadet Toby (interprété par le tout jeune Toby Froud, fils du concepteur visuel du film), parfois trop
envahissant à son goût, est enlevé par une horde de lutins. Or un soir, son souhait secret se réalise. Prise de panique, elle se sert de son livre favori, "Le Labyrinthe", pour franchir les
portes de l'autre monde et partir à la recherche de Toby. Plongée dans les méandres d'un labyrinthe peuplé de créatures étranges, elle n'a que treize heures pour remettre la main sur son frère,
prisonnier dans le palais du cruel et séduisant Jareth. « Je demande si peu », réclame celui-ci. « Crains-moi, aime-moi, fais ce que je dis et je serai ton esclave. »
Affublé d'une coupe en pétard peroxydée à faire pâlir Luc Besson, Jareth est incarné par
David Bowie, assurant par sa simple présence une belle promotion au film et permettant au film de se muer, le temps de quelques séquences, en véritable
comédie musicale. Ainsi, après avoir donné la réplique à l'immense Donald Pleasence dans "Phenomena", Jennifer Connelly partage-t-elle cette fois l'affiche avec l'une des plus grandes rock stars
du moment. Dès les premiers préparatifs de "Labyrinthe", Henson envisageait de faire appel à un chanteur de sa carrure pour le rôle, les deux autres choix possibles étant
Sting et Michael Jackson.
Ce casting surprenant contribue beaucoup à l'impact de "Labyrinthe", paré
en outre d'un bestiaire débordant d'originalité (dont chaque spécimen s'inspire des jouets ou des éléments de décoration de la chambre de Sarah que l'on découvre au début du film), d'une
magnifique photographie d'Alex Thomson ("La forteresse noire", "Legend"), d'effets spéciaux imaginatifs (incluant un hibou en
image de synthèse pendant le générique de début, effet assez révolutionnaire à l'époque) et de décors proprement magiques (inspirés partiellement par l'univers sens dessus dessous de MC Escher).
Mais le film ne parvient pas à égaler en fantaisie "Dark Crystal", de l'ombre duquel il ne s'extirpe guère, entravé par un scénario trop basique, une mise en
scène quelque peu académique et une bande originale qui, aujourd'hui, a pris un sacré coup de vieux.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |