What you can't see won't hurt you... It'll kill you !
| titre original | "The Fog" |
| année de production | 1980 |
| réalisation | John Carpenter |
| scénario | John Carpenter |
| musique | John Carpenter |
| interprétation | Jamie Lee Curtis, Janet Leigh, Adrienne Barbeau, Hal Holbrook |
| récompense | Prix de la critique au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1980 |
| remake | "Fog", Rupert Wainwright, 2005 |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Si "Fog" est maîtrisé jusqu'au bout, du point de vue de la mise en scène et des effets spéciaux, il ne renouvelle pas véritablement le thème des morts-vivants, y appliquant en
outre un discours moralisateur explicite un peu agaçant selon lequel "il ne faut pas faire le mal, sinon on s'en mord les doigts".
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Dans la foulée d’"Halloween", appelé à devenir un colossal succès public, John Carpenter embraya sur "Fog", une histoire de fantômes plus ancrée dans l’épouvante traditionnelle. «
Je voulais faire un film à l’ancienne comme ceux de Jacques Tourneur, ou comme ces serials sur "The Shadow" de James V. Horne », explique-t-il à ce propos (1). Les premières séquences de
"Fog" sont serties dans une magnifique photographie nocturne de Dean Cundey, exploitant avec talent toute la latitude du format Cinemascope. « Beaucoup de mes films parlent de
gens qui sont emprisonnés, pris au piège, effrayés » ajoute Carpenter. « L’obscurité est un élément de base de ces sensations. C’est également très photogénique » (2).
Situé dans la petite ville côtière d’Antonio Bay, le film s’ouvre sur une série de phénomènes étranges, qu’on croirait issus de "Rencontres du troisième type" : les téléphones sonnent brutalement dans les cabines, l’électricité s’emballe, de mini-séismes secouent les environs, les pompes à essence se vident, les klaxons et
alarment se déclenchent, les téléviseurs s’allument, les objets bougent seuls, les vitres éclatent… Et puis, et surtout, il y a cette nappe de brouillard surnaturelle annonciatrice d’une antique
malédiction… Car l’origine de ces mystérieuses manifestations n’est pas extra-terrestre, mais bel et bien spectrale. La légende raconte en effet qu’en 1880, la population d'Antonio Bay coula un
bateau transportant des lépreux pour ne pas avoir à les accueillir. Or, un siècle après, jour pour jour, alors que tous les habitants se préparent à fêter le centenaire de la ville, les morts
reviennent pour se venger.
Voilà pour le point de départ, un récit simple dénué de toutes fioritures, d’autant que John Carpenter s’amuse une fois de plus à structurer l’histoire
autour de la double unité de lieu et de temps. Le casting de "Fog" réunit deux héroïnes familières du réalisateur : Adrienne Barbeau ("Meurtre au 43ème étage") et Jamie Lee
Curtis ("Halloween"), auxquelles se joint la mère de celle-ci, Janet Leigh, célèbre héroïne de "Psychose". Ironiquement, le tournage de "Fog" s’est déroulé à quelques
kilomètres à peine de Bodega Bay, où Hitchcock avait tourné "Les Oiseaux". Et pour parachever la filiation avec le maître du suspense, Carpenter s’amuse à faire une petite apparition au début du
film, dans le rôle de l’assistant du curé.
Simples ombres menaçantes au début du film, les fantômes apparaissent un peu plus précisément vers le dénouement, sans se départir pour autant de leur
aura de mystère et de suggestion, proches en cela des abominations du romancier H.P. Lovecraft auquel Carpenter se réfère ouvertement. Silencieux, le pas traînant, le faciès décomposé, ils
assaillent les humains comme des zombies, évoquant à la fois les Templiers d’Amando de Osorio et les échappés de l’Enfer de Lucio Fulci. « Le premier montage terminé, ça ne donnait pas du tout le
résultat prévu », se souvient John Carpenter. « J’ai donc du retourner un certain nombre de séquences en ciblant un public plus moderne » (3). Force est de constater que cette révision du
découpage fut une bonne idée, car en l’état, "Fog" est un film d’épouvante atemporel d’une redoutable efficacité.
(1), (2) et (3) propos recueillis par votre serviteur en février 1995

T-shirt à commander sur lastexittonowhere.com
Couverture du Cinefantastique n°1 de 1980
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |