| titre original | "Firefox" |
| année de production | 1982 |
| réalisation | Clint Eastwood |
| photographie | Bruce Surtees |
| musique | Maurice Jarre |
| interprétation | Clint Eastwood |
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
"Firefox" hésite entre deux genres, l'espionnage et la science-fiction (influence de "La guerre des étoiles").
Cela se laisse voir sans déplaisir, mais ce n'est pas un grand Eastwood.
Avec un tel sujet, on se doute que la critique bien-pensante s'est déchaînée contre Clint.
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
Passé derrière la caméra dès 1972, Clint Eastwood s'était déjà essayé au thriller ("Un frisson dans la nuit"), au drame ("Breezy"), au film policier ("La Sanction", "L'épreuve de force"), à l'aventure ("Bronco Billy") et au western
("L'homme des hautes plaines", "Josey Wales
hors-la-loi"). Avec "Firefox", tiré du roman homonyme de Craig Thomas, il s'attaque cette
fois à l'espionnage mâtiné de science-fiction et livre un pur produit de l'Amérique paranoïaque des années 80.
Des deux côtés de la caméra, Eastwood incarne le colonel Mitchell Grant, un as du pilotage
traumatisé par la guerre du Viêtnam qui, tel John Rambo, vit reclus dans sa campagne. Refrain connu, sa retraite anticipée s'interrompt le jour où le gouvernement américain lui demande de
reprendre du service. L'armée russe a en effet mis au point un bombardier futuriste capable de
voler jusqu'à Mach 6 et obéissant directement aux ondes mentales émises par le cerveau de son pilote. Invisible aux radars, ce redoutable oiseau de proie répond au nom de code de Mig 31, ou «
Firefox » pour les intimes. « Si les Soviets pouvaient le fabriquer en série, cela changerait la structure de notre monde » s'inquiète-t-on en haut lieu. La mission de Grant consiste à se rendre
en Russie, à endosser différentes identités, à dénicher le Mig 31, surveillé de près par un bataillon armé jusqu'aux dents, et à le voler ! Grant n'étant pas 007, l'aventure n'a rien d'une partie
de plaisir exotique garnie de gadgets inventifs et de jolies filles en maillot de bain, mais s'apparente plutôt à un parcours du combattant dont Eastwood parvient à rendre palpable la tension et le sentiment de danger à travers une mise en scène
brute et réaliste inspirée des films d'espionnage de la décennie précédente. Quand notre pilote
s'empare enfin du bombardier high-tech et fait route vers les Etats-Unis, "Firefox" délaisse ses oripeaux de thriller oppressant pour prendre la forme d'une course-poursuite
aérienne sollicitant largement les effets spéciaux. Car Grant est dès lors pris en chasse par des avions, des missiles, des hélicoptères, des croiseurs, et finalement un second Mig 31 avec aux
commandes l'as des pilotes de l'armée soviétique.
Maquettes, pyrotechnie et incrustations (souvent maladroites, hélas) sont donc mises à contribution dans des séquences de batailles volantes directement inspirées de celles de "La guerre des étoiles", notamment lorsque nos deux belligérants aériens empruntent à vive allure un canyon filmé exactement comme les tranchées de l'Etoile Noire. L'analogie n'est pas innocente, puisque le superviseur des effets visuels de "Firefox" n'est autre que
John Dykstra, l'homme qui orchestra les nombreux trucages du space opéra de George Lucas. Quant à la partition de Maurice
Jarre, elle puise directement son inspiration dans les compositions les plus héroïques de John
Williams.
Nanti d'un budget de 21 millions de dollars, le 9ème long-métrage de Clint Eastwood est
finalement une œuvre un peu bancale, souffrant à la fois d'un rythme un peu déséquilibré, d'un manque de subtilité fréquent et d'accents anticommunistes passablement dépassés. Reste le
savoir-faire indiscutable d'un cinéaste en béton armé n'ayant cessé depuis d'affiner son art.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |