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Hidden

titre original "The Hidden"
année de production 1987
réalisation Jack Sholder
interprétation Michael Nouri, Kyle MacLachlan
   
récompenses • Prix du meilleur acteur pour Michael Nouri au festival international de Sitges 1987
  • Grand prix au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1988


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Grand prix au festival du film fantastique d'Avoriaz, cette série B est autant un thriller qu'un film de science-fiction.

C'est nerveux, sans temps mort, haletant.


Un savant dosage de SF et d'action (review de Pierre)

On n'attendait pas forcément grand chose du metteur en scène de "Dément" et de "Freddy 2". Et pourtant, ce réalisateur pas très estimé a créé la surprise lors du festival d'Avoriaz 1987, en obtenant le grand prix, devant l'ultra-favori "RoboCop".

Le pitch : un monstrueux extra-terrestre investit les corps des humains et a la faculté de se déplacer d'hôte en hôte. Il est combattu par Back, un super-flic, ainsi que par Lloyd, un énigmatique agent du FBI...

Franchement, ça ne fait jamais de mal de le revoir : poursuites en voitures, hard-rock FM pourri, effets spéciaux visqueux et strip-teaseuses, c'est un splendide cocktail, qui bénéficie en outre de Kyle MacLachlan, dans son seul premier rôle en dehors de David Lynch.

Dommage en tout cas que personne n'ait transformé l'essai : ce film annonçait une brillante carrière pour Sholder. En fait, c'est le dernier truc bien qu'il ait fait. Quant à MacLachlan, il a joué dans "Twin Peaks", et puis rien de marquant ensuite ("Showgirls"). Dommage.


Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

"Hidden" ne partait pas forcément avec de bons atouts : un scénario recyclant à priori le concept de "The Thing", un réalisateur tout juste sorti du médiocre "La revanche de Freddy"… Qui aurait pu prédire que nous aurions affaire là à l’une des séries B de science-fiction les plus réjouissantes de la décennie ? Tout commence sur des chapeaux de roue, par le biais d’une séquence d’action hallucinante au cours de laquelle Jack de Vries (Chris Mulkey), un homme d’affaires californien apparemment sans histoire, se mue soudain en dangereux criminel.

Il braque une banque sans préavis, abat froidement des gardiens, puis fonce dans un barrage de police à l’issue d’une course poursuite échevelée. Grièvement blessé après son incompréhensible odyssée criminelle, il est gardé à l’hôpital sous surveillance. Mais la nuit venue, une affreuse créature translucide surgit de son corps et s’engouffre dans la bouche de son voisin de lit, un certain Jonathan Miller (William Boyett). Aussitôt, celui-ci s’échappe de l’hôpital, adoptant un comportement aussi agressif et illogique que son prédécesseur. Tom Beck (Michael Nouri), l’inspecteur de police qui enquête sur cette affaire, se voit obligé de collaborer avec Lloyd Gallagher (Kyle MacLachlan), une jeune recrue du FBI qui semble en savoir bien plus que ce qu’il ne dit…

Avec une redoutable efficacité, Jack Sholder et son scénariste Jim Kouf placent la narration de "Hidden" sur deux niveaux, selon le principe éprouvé du montage parallèle. D’un côté, le spectateur suit une enquête policière empruntant la voie balisée du buddy movie, en accord avec les grands succès contemporains du genre ("L’arme fatale" en tête). Michael Nouri, impeccable en vieux de la vieille à qui on ne la fait plus, est ainsi contraint de faire équipe avec un Kyle MacLachlan lunaire dont les méthodes fort peu orthodoxes annoncent le personnage mythique qu’il campera dans "Twin Peaks". Quant aux scènes d’action, elles se calquent sur les thrillers musclés du moment, ne rechignant devant aucune fusillade ou poursuite automobile. De l’autre côté, les évolutions du parasite extra-terrestre sont contées avec un certain humour, dans la mesure où l’envahisseur aime les belles voitures, les jolies filles et le hard-rock (en contrepartie, il déteste la country !).

La créature elle-même, qui voyage d’un corps à l’autre par voie buccale en s’inspirant quelque peu d’Alien, semble avoir été conçue pour réunir tout ce qui, dans le règne animal, provoque une répulsion viscérale : corps spongieux d’invertébré, mandibules crochues d’insecte, pattes velues de tarentule et tentacules grouillants de céphalopode ! Elle n’apparaît sous sa forme complète que dans une seule scène (qui emploie la bonne vieille animation image par image pour lui donner vie), mais cette vision est suffisamment marquante pour rester dans la mémoire du spectateur tout au long du film. L’objectif final du monstre n’est pas sans évoquer le dénouement de "Dead zone", tandis que la chute de "Hidden", joliment métaphorique, s’ouvre sur une note d’espoir. En 1994, Seth Pinsker en réalisera une séquelle sans éclat, directement destinée au marché de la vidéo, qui réutilisera un bon quart d’heure d’images du film de Jack Sholder pour sa séquence d’ouverture.

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