Evil dead II

titre original "Evil dead 2"
année de production 1987
réalisation Samuel M. Raimi
interprétation Bruce Campbell
   
épisode précédent "Evil dead", Sam Raimi, 1981
 
épisode suivant "L'armée des ténèbres", Sam Raimi, 1992


Un film surévalué, mais quand même brillant ! (review de Pierre)

"Evil dead 2" passe, pour beaucoup d'amateurs, comme le meilleur de la série. Il s'agit du 3ème film de Raimi, après "Evil dead" (le premier, donc) et "Mort sur le gril". Raimi dispose dans cet épisode de beaucoup plus de moyens que dans le précédent. Précisons qu'il avait 28 ans lorsqu'il a réalisé ce film.

Le pitch : Ash (Bruce Campbell) part avec sa copine dans une cabane au fond des bois. Il doit faire face à une entité maléfique...

Je n'ai jamais pensé qu'"Evil dead 2" était un chef-d'oeuvre. Il est clair, à mon avis, que film n'est de toute façon pas pensé pour faire peur. Il s'agit plus de secouer le spectateur, en le faisant aller dans un train fantôme qui roule à toute berzingue. Ce film est comme un grand cartoon dégénéré ; Raimi utilise à de très très nombreuses reprises des gags de dessin animé à la Tex Avery là-dedans. Et franchement, la mise en scène est brillante : le réalisateur utilise tout ce que l'on peut faire avec un gars dans une maison hanté. Ca dure 1h20 très exactement, et on n'a pas le temps de souffler une seconde.

Point de vue histoire/personnages, c'est vrai que c'est assez faible, mais cela n'a aucune prétention à ce sujet. Les 10 premières minutes du film sont consacrées à faire un mini-remake du premier, dont on voit l'histoire - entièrement retournée - se dérouler à toute vitesse, puis la suite arrive (en fait elle aussi un quasi remake du précédent). Globalement, je dirais que 2 blagues sur 3 du film fonctionnent encore, ce qui, vu le nombre de blagues qu'il y a dans ce film, fait un quota tout à fait généreux de blagues qui fonctionnent. Au final : j'ai pris du plaisir à le revoir. J'ai hésité un certain temps sur la notation que j'allais attribuer à ce film, mais allez, ca vaut bien ses 3 étoiles (même si j'en avais mis autant au premier, qui est tout de même meilleur, c'est vrai).



Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

Après l'horreur troublante du film précédent, Sam Raimi opte pour un ton très différent, à la limite du cartoon et de Tex Avery. Et pourtant, "Evil dead 2" s'inscrit parfaitement dans la continuité du premier puisqu'il lui s'y enchaîne à la seconde près, si l'on fait abstraction du flash-back du prologue, simplifiant à l'extrême l'intrigue du film original et réduisant le nombre de protagonistes à 2 au lieu de 5.

Seul survivant de l'attaque des forces diaboliques réveillées par les incantations du professeur Knowby, enregistrées sur un magnétophone à bande, Ash (Bruce Campbell) est à son tour possédé par le démon qui le mue en zombie grimaçant. Mais le soleil lui redonne son aspect normal.
Le pont, seul accès vers l'extérieur, s'étant écroulé, Ash s'avère incapable de quitter la cabane où se déroula le drame. Il se cloître alors et sombre peu à peu dans la démence. D'où une séquence hallucinante où tous les objets dans la cabane se mettent à éclater de rire, de la tête de cerf empaillée à la chaise en passant par la lampe et la bibliothèque. Du délire pur ! Puis survient une magnifique scène d'animation où le cadavre de Linda, la défunte fiancée d'Ash, sort de terre et se met à danser dans les bois, jusqu'à ce que sa tête décapitée ne morde la main droite du malheureux. « C'est une séquence que j'aime beaucoup », avoue Doug Beswick, qui en signa l'animation. « Elle fut particulièrement amusante à réaliser. Sam Raimi nous a fourni un storyboard précis, puis nous avons engagé une chorégraphe. On peut presque considérer la danse de Linda comme un petit film d'animation à elle seule. Il y a un début, un milieu et une fin, comme dans un court-métrage. » (1) Au seuil de la folie, Ash est rejoint par la fille du professeur Knowby, son fiancé Ed, et deux guides, Jake et Bobby Joe, tous quatre ayant emprunté un chemin à travers les bois. Les forces du mal ne vont guère tarder à se manifester à nouveau, multipliant les apparitions de zombies divers dans la cabane. Ici, le gore n'est plus cru mais comique, grand-guignolesque, et Bruce Campbell joue la démence à la perfection. Le scénario cultive volontiers les références à H.P. Lovecraft, déjà présentes dans le premier "Evil dead", en particulier à travers le livre des morts réveillant les démons, qui n'est rien d'autre que le fameux Necronomicon imaginé par l'écrivain tourmenté.

Les nouveaux personnages n'existent ici que dans le but de se faire décimer par des monstres loufoques : grand-mère zombie au cou télescopique, main coupée qui ricane et court se réfugier dans un trou de souris comme si elle était échappée d'un "Tom et Jerry", et Ash lui-même, métamorphosé à son tour en mort-vivant agressif. Les prises de vues acrobatiques de Sam Raimi étonnent toujours, et le budget confortable alloué par Dino de Laurentiis en personne n'a effacé ni la personnalité du cinéaste, ni son style visuel reconnaissable à des kilomètres à la ronde. Au beau milieu du film, Bruce Campbell, une tronçonneuse greffée à la place de sa main droite coupée, un fusil à canon scié dans l'autre, se mue quasiment en super-héros au look des plus surprenants, à mi-chemin entre Mad Max et Leatherface. Quant au dénouement, proprement hallucinant, il annonce les délires anachroniques du 3ème volet.

(1) propos recueillis par votre serviteur en avril 1998. L'interview complète a été publiée dans le livre "Stop-Motion".

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