| titre original | "The Texas chainsaw massacre part 2" |
| année de production | 1986 |
| réalisation | Tobe Hooper |
| maquillage | Tom Savini |
| production | Golan-Globus |
| interprétation | Dennis Hopper, Caroline Williams |
| récompense | Prix de la meilleure actrice pour Caroline Williams au festival du film de Sitges 1986 |
| épisode précédent | "Massacre à la tronçonneuse", 1974 |
| épisode suivant | "Massacre à la tronçonneuse 3", 1990 |
Review de Gilles
Penso (www.filmsfantastiques.com)
En donnant une suite à son mythique "Massacre à la tronçonneuse", Tobe
Hooper décide de changer de ton, comme l'annonce le poster du film qui parodie celui de "Breakfast Club". Ici, le cinéaste cède ouvertement aux
courants stylistiques des années 80. Au réalisme brut du premier opus, il oppose des décors baroques, une musique électro-rock, des couleurs saturées, des effets spéciaux excessifs et un second
degré très présent. De là à parler de trahison du concept initial, il n'y a qu'un pas. Pourtant, les choses ne sont pas si simples.
Après un texte d'introduction nous apprenant que la seule survivante du film précédent est tombée dans un état de catalepsie et que l'enquête menée au Texas par la police n'a pas pu prouver son
témoignage, nous assistons à une course poursuite entre la voiture de deux supporters de foot passablement éméchés et une camionnette sur le toit de laquelle Leatherface, tronçonneuse à la main,
s'adonne à son sport favori : l'équarrissage humain. Le meurtre passe en direct à la radio (les victimes étaient en train de téléphoner à la station locale) et l'animatrice Vantia « Stretch »
Brock (Caroline Williams) décide de mener sa propre enquête. Elle joint ses forces à celles du lieutenant « Lefty » Enright (Dennis Hopper), décidé à venger
coûte que coûte la mort de son frère découpé par la famille cannibale.
Si cette séquelle frôle souvent la parodie (il faut voir Dennis Hopper s'acheter des tronçonneuses et les essayer comme s'il s'agissait de colts !), le caractère dérangeant du propos est loin d'avoir été
évacué. C'est là toute l'étrangeté et le paradoxe de "Massacre à la tronçonneuse 2". Certains meurtres sont particulièrement brutaux (le massacre au marteau du collègue de
Stretch n'en finit plus), certaines allusions érotico-déviantes vont assez loin (Leatherface substitue visiblement son pénis à sa tronçonneuse qu'il promène fébrilement entre les cuisses de
Stretch), et le mythe universel de la Belle et la Bête est abordé frontalement quand le tueur au masque de cuir s'éprend de la jeune femme. Lorsque Stretch, telle Alice au Pays des Merveilles,
fait une chute vertigineuse qui l'entraîne jusque dans le repaire souterrain des bouchers anthropophages, c'est aux Enfers que Tobe Hooper nous emmène. Halluciné, Hopper s'exclame
d'ailleurs « ici vient s'ébattre le malin » en découvrant des kilos de viscères sanglantes s'écoulant mollement à ses pieds.
Dès lors, l'humour n'a plus droit de cité, et dans cette escalade cauchemardesque, le cinéaste atteint le point de non-retour avec une scène désormais entrée dans la légende : Leatherface appose
sur le visage de sa dulcinée le masque de chair de son ami. Ce moment éprouvant trouvera son écho dans "Le silence des agneaux" et "The devil's rejects". Mais ici, comble de l'horreur, la victime à moitié écorchée est encore vivante
! Et c'est le spécialiste des maquillages gores Tom Savini qui est sollicité
pour visualiser de manière très graphique les meurtres et les mutilations, ce qui faillit faire échouer le film dans le ghetto du classement X. Cette séquelle s'achève sur un duel hallucinant à
coups de tronçonneuses, et sur un hurlement de folie furieuse qui n'a pas fini de nous glacer le sang.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |