17ème volet de la saga James Bond
| titre original | "Licence to kill" |
| année de production | 1988 |
| réalisation | John Glen |
| interprétation | Timothy Dalton (2ème et dernière interprétation du personnage), David Hedison |
◊ Les autres James Bond des années 80 : cliquer
ici.
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Routine bondienne. Le cru 1988 est faible.
Review de Gilles Penso
(www.filmsfantastiques.com)
Si "Tuer n'est pas jouer" était un épisode de transition, "Permis de tuer" joue ouvertement la carte du changement et de la modernisation. Les nostalgiques ne trouvèrent donc
pas leur compte dans cette œuvre brutale trop éloignée à leur goût des gimmicks habituels de la série, mais nombreux sont ceux qui considèrent encore aujourd'hui "Permis de
tuer" comme l'un des meilleurs James Bond, toutes périodes confondues.
Au cours du pré-générique, 007 est en congé en Floride où il assiste au mariage de son ami Felix Leiter (David Hedison, reprenant le rôle qu'il tenait déjà
dans "Vivre et laisser mourir"), chef du bureau des narcotiques. Avertis du passage du plus important trafiquant de drogue d'Amérique centrale, ils réussissent à le capturer : il s'agit de Franz
Sanchez (Robert Davi, agent du F.B.I. peu recommandable dans "Piège de cristal"). Mais Sanchez réussit à s'échapper et en profite pour tuer la femme de Felix, tout en laissant ce dernier en pâture à un
requin qui le dévore presque (une séquence sans concession fidèlement reprise au roman "Vivre et laisser mourir"). Dès lors, avec l'aide de Lupa Lamora (Talisa
Soto), amie de Sanchez, et de l'agent Pam Bouvier (Carey Lowell), Bond décide de s'introduire dans l'organisation du trafiquant pour la détruire. Sa
vendetta personnelle n'est pas du goût de M, mais James Bond n'en a cure et décide d'agir en solo, coupé du soutien du MI6. C'est donc un 007 rebelle, à fleur de peau et ivre de vengeance que
nous propose "Permis de tuer", à mille lieues de l'invincibilité d'un Sean Connery et du cynisme détendu d'un Roger Moore. Timothy Dalton
incarne à merveille ce James Bond new age, troquant volontiers le smoking contre la chemise ouverte et terminant le film dans un bien piteux état, couvert de sang, de sueur, blessé
physiquement et psychologiquement...
Ce changement de ton a de toute évidence subi l'influence des films produits par Joel Silver, notamment "Piège de cristal" et "L'arme fatale", qui ne
rechignaient pas devant la violence et préféraient les anti-héros aux icônes triomphants et manichéens. D'où le choix du compositeur Michael Kamen, fer de
lance musical de cette nouvelle vague du cinéma d'action. La quête du réalisme n'empêche tout de même pas "Permis de tuer" de se laisser aller aux excès spectaculaires au cours
de son final, nous proposant la traditionnelle destruction du repaire du méchant (ici, le temple d'une secte dirigée par un télévangéliste), puis un ultime festival de cascades automobiles signée
Rémy Julienne lorsque James Bond et Pam Bouvier prennent d'assaut un convoi de quatre semi-remorques. « Après le tournage de séquences de ce type, toute l'équipe souffle un grand coup ! », avoue Julienne. « C'est une telle
responsabilité... » (1)
A plus d'un titre, "Permis de tuer" marque la fin d'une époque. Ce sera en effet le dernier film de la série réalisé par John Glen, écrit par
Richard Maibaum et produit par Albert Broccoli. Timothy Dalton lui-même aurait bien réitéré l'expérience, mais de
complexes problèmes juridiques empêchèrent la production d'un nouveau film pendant 6 longues années. Entre-temps, le talentueux comédien se consacra à d'autres expériences cinématographiques et
théâtrales.
(1) propos recueillis par votre serviteur en février 1998
Couverture du Cinefantastique de juillet 1989
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |