15ème volet de la saga James Bond

| titre original | "A view to a kill" |
| année de production | 1985 |
| réalisation | John Glen |
| musique | John Barry |
| chanson | Duran Duran |
| interprétation | Roger Moore (7ème et dernière interprétation du personnage), Christopher Walken, |
| Grace Jones, Patrick MacNee, Tanya Roberts |
◊ Les autres James Bond des années 80 : cliquer
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Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Toujours le même schéma : un méchant menace l'Amérique ou l'Europe, mais l'agent secret James Bond 007 intervient et évite les catastrophes. Seul change le méchant.
Ici, Christopher
Walken est un méchant fort convaincant. Et il y a une bonne poursuite à skis en ouverture.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Comme Sean Connery avant lui, Roger Moore annonça plusieurs fois qu'il arrêterait d'incarner James Bond, notamment après
"Rien que pour vos yeux" et "Octopussy", ce qui poussa Albert Broccoli à faire des essais avec l'acteur américain James Brolin pour le
remplacer. Mais le pont d'or offert par le studio et la griserie de prononcer une fois de plus « mon nom est Bond, James Bond » le poussèrent à accepter une dernière mission, malgré les rides
indélébiles de ses 57 ans bien frappés.
Le voilà donc face à Max Zorin, un dangereux mythomane qui résulte de manipulations génétiques l'ayant doté d'une exceptionnelle intelligence, mais aussi de fortes tendances psychopathes. La
grande entreprise de son existence consiste à rayer de la carte le site de Silicon Valley, soit plus de 250 usines et des milliers de techniciens et de chercheurs, afin de s'emparer du
monopole mondial en matière d'électronique. Son plan (qui ressemble comme deux gouttes d'eau à
celui de Lex Luthor dans "Superman : le film") est à la mesure de sa folie, puisqu'il consiste à noyer l'endroit par un gigantesque raz-de-marée
consécutif à un tremblement de terre artificiellement provoqué.
L'une des grandes qualités de "Dangereusement vôtre" est son casting haut de gamme. Christopher Walken excelle en super-vilain délicieusement cinglé, Grace Jones crève l'écran en bras droit sans état d'âme (à l'instar de Requin, elle se ralliera finalement à la bonne cause), et ce bon vieux Patrick MacNee se glisse dans le costume d'un allié de 007 avec lequel il échange bon nombre d'hilarantes joutes verbales, nouvelle preuve que les univers de James Bond
et de "Chapeau melon et bottes de cuir" sont intimement liés (souvenons-nous des présences éblouissantes d'Honor Blackman et Diana Rigg). En revanche, si
Tanya Roberts est une James Bond girl à la beauté étourdissante (repérée par Broccoli dans "Dar l'Invincible"), les scénaristes l'ont hélas affublée de
dialogues ineptes se limitant à quelques « Oh, James ! » lascifs, et ce, malgré une première apparition prometteuse.
Energique, la bande originale de John Barry s'adjoint les
services du groupe Duran Duran, dont les sonorités électroniques typiques des eighties ont étrangement bien passé le cap des années, et l'ensemble
est rythmé par de très belles scènes d'action, culminant par un affrontement au-dessus du Golden Gate Bridge dans un ballon dirigeable. « J'ai doublé Roger Moore dans la poursuite au
cours de laquelle sa voiture se retrouve coupée en deux », nous raconte le cascadeur Jean-Claude Lagniez. « On voit d'ailleurs très bien que ce n'est pas lui
qui conduit, car je ne lui ressemble pas beaucoup. D'habitude, il avait une doublure assez ressemblante, mais pour cette cascade particulière, on m'a confié la mission, et les cadrages sur moi
étaient beaucoup trop serrés. Nous n'avons même pas la même coupe de cheveux ! » (1)
Les aficionados trouvèrent beaucoup à redire à "Dangereusement vôtre", notamment son humour excessif, son scénario exempt de subtilité et l'âge avancé de son héros. Mais
en l'état, le film s'avère franchement distrayant, et marque en beauté les adieux de Roger Moore à la série.
(1) propos recueillis par votre serviteur en février 2004
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |