14ème volet de la saga James Bond

| titre original | "Octopussy" |
| année de production | 1983 |
| réalisation | John Glen |
| musique | John Barry |
| interprétation | Roger Moore (6ème interprétation du personnage), Robert Brown, Maud Adams |
◊ Les autres James Bond des années
80 : cliquer ici.
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Quelques numéros spectaculaires (dont les scènes finales avec l'avion de Kamal) donnent à ce film bien mené et rutilant de couleurs le charme des bandes dessinées de jadis, avec
méchant prince indien et cirque inquiétant (les lanceurs de couteaux à retenir).
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Sous les traits vieillissants de Roger Moore, l'agent 007 enquête ici sur la vente aux enchères sur les marchés internationaux de plusieurs œufs de Fabergé,
des joyaux rares. On en retrouve un faux entre les mains de l'agent 009 tué en Allemagne de l'Est. Incarné avec charisme par Robert Brown après le décès du
vénérable Bernard Lee, « M » envoie James Bond assister à la vente de l'un des œufs, acheté à un prix exorbitant par Kamal Khan (Louis Jourdan, un méchant qui manque singulièrement de panache). Celui-ci remplace les originaux par des faux. Son gang de voleurs de bijoux est dirigé par la riche et
belle Octopussy (Maud Adams, déjà James Bond girl dans "L'homme au pistolet d'or"), camouflant ses activités sous le couvert d'un cirque voyageant dans son
propre train d'Est en Ouest. Le vrai méchant du film est en fait le général Orlov, cerveau de toute cette préparation, qui compte dérober une bombe atomique dans une base
américaine.
"Rien que pour vos yeux", réalisé 2 ans plus tôt, retrouvait l'ambiance d'espionnage pur et dur des premières aventures de James Bond, tandis que "Dangereusement vôtre", sorti 2 ans plus tard, allait à nouveau se
laisser griser par les excès science-fictionnels, la démesure et l'auto-parodie. "Octopussy" se situe entre ces 2 tendances, empruntant son titre évocateur à une nouvelle
d'Ian Fleming. Sans rapport avec le texte initial, l'intrigue penche vers le thriller classique (la mort de 009, le trafic de bijoux, la chasse à l'homme en Inde) et se traîne même un peu dans sa
1ère partie. Mais les scénaristes ne résistent pas au monde menacé par une bombe atomique, à l'île paradisiaque peuplée de femmes sculpturales, et à des clins d'œils humoristiques dépassant en
outrance ceux - pourtant gratinés - de "Moonraker". Il faut entendre James Bond se balancer au bout d'une liane en poussant le cri de Tarzan
!
La scène prégénérique, servie par des effets visuels magistraux, est un petit chef-d'œuvre de dérision et d'action. On y voit Bond à bord d'un mini-jet monoplace, poursuivi par un missile à tête
chercheuse. Plus tard, en Inde, on ne peut s'empêcher de penser à "Indiana Jones et le temple maudit", tant les décors, les personnages et même les animaux semblent annoncer le film de Spielberg.
C'est finalement un juste retour des choses, dans la mesure où le père d'"E.T." rêvait de réaliser lui-même un James Bond, à l'époque de "Rien que pour vos yeux", avant que George Lucas ne lui propose de
réaliser "Les aventuriers de l'arche perdue".
Le roi de la cascade Rémy Julienne nous offre cette fois une hallucinante poursuite en triporteurs au beau milieu d'un marché indien. « Pour pouvoir se cabrer
et sauter, ces véhicules étaient entièrement modifiés dans nos ateliers », raconte Julienne, « parce que si nous les avions utilisés tels quels, ils n'auraient jamais dépassé les quinze
kilomètres à l'heure. Pas terrible pour une poursuite censée être spectaculaire ! » (1)
De retour derrière le pupitre après l'interlude proposé par Bill Conti dans le film précédent, John Barry compose pour
"Octopussy" une partition plus axée sur la romance que sur l'action, dotant notamment le James Bond theme d'une réorchestration pour cordes et cuivres du meilleur
effet.
(1) propos recueillis par votre serviteur en février 1998
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |