12ème volet de la saga James Bond



titre original "For your eyes only"
année de production 1981
réalisation John Glen
scénario d'après Ian Fleming
musique Bill Conti
interprétation Roger Moore (5ème interprétation du personnage), Carole Bouquet, Julian Glover


Les autres James Bond des années 80 : cliquer ici.



Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Un Bond à bout de souffle où la violence et l'érotisme (malgré Carole Bouquet) laissent place au documentaire touristique.


Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

"Moonraker" avait battu tous les records au box-office, mais où envoyer James Bond maintenant qu'il avait conquis l'espace ? Refusant de poursuivre dans la voie de la surenchère, le producteur Albert Broccoli jugea préférable de ramener son héros sur Terre pour une aventure d'espionnage plus réaliste. "Rien que pour vos yeux" tire son inspiration d'une nouvelle homonyme d'Ian Fleming ("Bons baisers de Paris" en français) et marque les débuts derrière la caméra de John Glen. Pilier de la saga (il officia comme monteur et réalisateur de deuxième équipe de 3 James Bond et en mettra en scène 5), Glen a l'excellente idée de faire démarrer le film par la visite de 007 sur la tombe de son épouse, créant un lien direct avec "Au service secret de Sa Majesté".

Rien que pour vos yeux

La suite du pré-générique ne démérite pas, puisque Bond est piégé dans un hélicoptère commandé à distance, puis se débarrasse d'un super-vilain chauve cloué sur un fauteuil roulant en le jetant dans la cheminée d'une usine. Même si le nom de Blofeld n'est jamais prononcé pour des raisons juridiques (Kevin McClory, producteur d'"Opération Tonnerre", avait acquis les droits exclusifs d'utilisation des noms "Blofeld" et "S.P.E.C.T.R.E."), il est évident que nous avons affaire à l'ennemi juré de Bond, faisant là sa dernière apparition à l'écran. Après ce prologue, 007 se heurte à Aris Kristatos. Celui-ci projette de voler l'ATAC, un appareil qui donne l'ordre aux sous-marins britanniques de lancer leurs missiles.

Carole Bouquet apporte sa froide beauté à la James Bond girl de service, Melina Havelock, virtuose de l'arbalète en quête de vengeance après l'assassinat de ses parents, et Julian Glover incarne un vilain cultivé adepte du double jeu et de la traîtrise de haut vol. Hélas, Bernard Lee, interprète du patron « M » depuis le tout premier film de la série, décéda peu de temps avant le début du tournage, laissant vacant son rôle que les scénaristes jugèrent bon de ne pas intégrer dans le récit, histoire de marquer le deuil.

"Rien que pour vos yeux"
inaugure en revanche l'arrivée d'un nouveau collaborateur régulier de la série, le vétéran de la cascade Rémy Julienne, réglant une séquence d'action mouvementée et semi-burlesque avec une 2CV Citroën, l'une des rares touches d'humour d'un film par ailleurs assez sérieux.
« Dans ce genre de scène, je travaille en étroite collaboration avec l'équipe des effets spéciaux pyrotechniques », nous explique-t-il. « Je me débrouille également pour que les gens de mon équipe jouent le rôle des méchants. Ça leur permet de conduire réellement les voitures et d'effectuer eux-mêmes les cascades. » (1) Parmi les autres moments forts du film, on se souviendra d'une poursuite à ski nerveuse, de l'affrontement sous-marin contre un scaphandrier, et surtout de la vertigineuse escalade d'un piton rocheux au cours de la séquence finale.

Considéré par Roger Moore comme le meilleur James Bond auquel il participa (ce qu'on ressent à travers son interprétation bien moins désinvolte qu'à l'accoutumée), "Rien que pour vos yeux" fut un nouveau succès qui renfloua la compagnie United Artists, au bord de la faillite après le flop retentissant de "La porte du Paradis".

(1) propos recueillis par votre serviteur en février 1998

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