| titre original | "The Fly" |
| année de production | 1986 |
| réalisation | David Cronenberg |
| musique | Howard Shore |
| interprétation | Jeff Goldblum, Geena Davis |
| récompenses | • Oscar du meilleur maquillage |
| • Prix spécial du jury au festival international du film fantastique d'Avoriaz 1987 | |
| suite | "La Mouche 2", de Chris Walas et avec Eric Stoltz, 1989 |
Seth Brundle est un jeune biologiste très doué. Après avoir fait ses premières armes dans une brillante équipe, il se décide à travailler seul.
Il met au point une invention qui doit révolutionner le monde : la "téléportation", qui consiste à transporter la matière à travers l'espace. Les essais sur un babouin sont peu convaincants et
après des fuites dans la presse, il décide de se téléporter lui-même. Seulement il ne s'aperçoit pas qu'une mouche fait partie du voyage...
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Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard (3 étoiles)
Intelligent remake du film de Neumann.
L'oeuvre est moins spectaculaire, mais plus vraisemblable, car plus psychologique.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
En 1982, John Carpenter proposait avec "The
Thing" un remake surprenant d'un classique de la science-fiction des années 50, contournant son prestigieux modèle en restructurant sa
construction narrative et en modernisant ses thématiques. Quatre ans plus tard, David
Cronenberg suit la même voie en proposant une vision très personnelle du scénario de "La mouche noire" que Kurt
Neumann réalisa en 1958.
Jeff Goldblum y interprète Seth Brundle, un jeune scientifique qui vient de mettre au point
dans son laboratoire une invention révolutionnaire : la fameuse téléportation. Ses premiers essais sur un babouin étant catastrophiques, Brundle revoit sa copie et décide d'être lui-même le
cobaye de la prochaine expérience. Il se téléporte ainsi d'un « télépode » à un autre avec beaucoup de succès. Ce n'est que plus tard qu'il réalise qu'une mouche s'est infiltrée dans le télépode
pendant l'expérience.
Comme dans "The Thing", monstre et humain ne sont plus dissociés mais entremêlés en une hideuse et inexorable métamorphose, qui n'est pas sans évoquer celle, pathétique, imaginée par
Kafka. L'idée de génie de cette nouvelle "Mouche" consiste à amener la transformation progressivement et en la délocalisant sur l'ensemble de l'organisme. Car
ici, la mutation de l'homme en mouche est de toute évidence associée à une maladie progressive, avilissante, destructrice et annihilatrice. Rien n'empêche d'y voir une métaphore du sida, dont les
ravages commençaient sérieusement à perturber la population au milieu des années 80. Le profil physique type des héros masculins de Cronenberg, taciturnes et intériorisés dans la lignée de James Woods, Christopher Walken, Jeremy Irons ou Peter Weller, n'est pas ici respecté par la présence de
Jeff Goldblum, comédien plus populaire et fort différemment typé. Il faut voir là un choix
artistique brillant, que Cronenberg imposa presque à son producteur Mel Brooks (ce dernier souhaitait ardemment donner le rôle à Pierce Brosnan).
Conforme à ce que le public attend de lui, dans le registre du grand timide maladroit un peu doux-dingue, Goldblum casse peu à peu cette image avec un talent indiscutable. Le voir se muer, psychologiquement et physiquement, en surhomme arrogant, en infirme pathétique puis
en monstre effrayant, est autant perturbant pour le spectateur que pour la journaliste incarnée par Geena Davis. Et les maquillages spéciaux de Chris Walas, très surprenants, portent aux nues l'horreur organique inhérente au
récit.
L'un des thèmes fétiches de l'œuvre de Cronenberg, la mutation, est ainsi porté à son
paroxysme, même si le cinéaste n'en assume pas tout à fait la récurrence. « Etant donné que je n'ai pas tendance à faire d'auto-analyse, je n'étudie pas mes propres films ni ne cherche à établir
de comparaisons thématiques entre eux », nous avoue-t-il. « Ceci étant dit, la mutation est inhérente au processus de la vie, puisque toute notre existence est régie par le changement. Je dirais
donc que, plus qu'un cinéaste attiré par la mutation, je suis un cinéaste qui puise son inspiration dans la vie elle-même. » (1) D'où d'inévitables filiations entre "La Mouche"
et les films précédents de Cronenberg.
(1) propos recueillis par votre serviteur en octobre 2005
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