Blade runner

titre original "Blade runner"
année de production 1982
réalisation Ridley Scott
scénario d'après le roman de Philip Dick
photographie Jordan Cronenweth
musique Vangelis
interprétation Harrison Ford, Sean Young, Rutger Hauer, Daryl Hannah, M. Emmet Walsh


T-shirts à commander sur lastexittonowhere.com

Blade runner 3 Blade runner 2
Blade runner 4 Blade runner 1

 

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Visuellement splendide, comme toutes les oeuvres de Ridley Scott, ce film introduit la magie du film noir des années 1940 dans une bande de science-fiction : Deckard n'est pas sans faire penser aux "privés" de Chandler ou Hammett.

Mais le film, grâce au sujet inspiré de Philip K. Dick, est aussi une réflexion sur le problème de la conscience : peut-elle se communiquer ? Le répliquant Batty n'est-il pas en définitive plus humain que ceux qui le traquent ?

Aux images de Ridley Scott et au scénario de Philip K. Dick, il faut ajouter les effets spéciaux de Douglas Trumbull, pour se faire une idée de la richesse du film.

 

Review de Pierre

WAAAAAAAAOOOUUUUU Si on m'avait dit que je pourrais encore être émerveillé par un nouveau montage de "Blade runner" (le 3ème ou 4ème), je ne l'aurais pas cru. Et pourtant.

Bon, "Blade runner", c'est le cas d'école du film à director's cut successifs. Moi-même, je m'y perds complètement. Il y a le premier montage avec la voix-off et les images de "Shining" à la fin, c'est la version qu'on a (tous) découverte dans les années 80.
Et puis, il y a le montage de 1992 (exit la voix-off, exit les images de "Shining"). Et puis, il y a ce nouveau montage de 2007 dans un énorme box DVD. Disons-le clairement : j'ai noté quelques différences/ajouts, mais c'est globalement très proche du cut de 1992.

En revanche, le véritable apport de cette version 2007, c'est la RENOVATION HALLUCINANTE DU FILM. Je n'avais jamais vu "Blade runner" comme ça, et en fait, personne non plus, parce que tout - les éclairages, le son (très mauvais dans les montages précédents) - a été dépoussiéré, voire refait de manière imperceptible. C'est simple, j'en ai vu quelques secondes chez Album, ça m'a bluffé. Le soir même, je me le suis passé en entier tellement ça m'a impressionné. En voyant cette nouvelle version, on comprend pourquoi "Blade runner" tient du génie.

Pourtant, on voit bien qu'il y a plein d'effets spéciaux mal foutus dans ce film, mais c'est juste assez bien fait pour stimuler l'imagination (et le film a stimulé tous les réalisateurs d'aujourd'hui, de Fincher à Aronofsky). On se dit que, qu'il s'agisse d'"Alien" ou de "Blade runner", Ridley Scott a à chaque fois réussi à transcender les problèmes. En revanche, quand on lui a donné des moyens...

Bref, faites-vous offrir ce collector de "Blade runner", mettez-le un soir dans votre lecteur et éteignez toutes les lumières. Moi, je ne l'ai pas regretté.

NB : la scène de la mort de la charmeuse de serpents est un des très, très grands moments de cette nouvelle version.

 

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

Œuvre emblématique de la littérature de science-fiction, "Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?" permit à Philip K. Dick de marcher sur les traces d'Isaac Asimov en s'interrogeant sur l'âme et l'empathie potentielles des robots créés par l'homme. Passionnant de bout en bout, le roman n'en est pas moins austère et complexe, ce qui ne rebuta pourtant guère Ridley Scott, rasséréné par le succès de sa première incursion dans le genre, le légendaire "Alien". Son adaptation restructure et redynamise le récit, sans en évacuer les questionnements métaphysiques.

Nous sommes en 2019. Mégapole grouillante, Los Angeles est sans cesse survolée par la police. Des « répliquants », androïdes hyper-sophistiqués, ont détourné un vaisseau pour se cacher dans la ville. Seul l'ex-flic Deckard (Harrison Ford) peut les repérer. On le déniche dans une gargote des bas quartiers pour l'amener auprès de Tyrell (Joe Turkel), le père scientifique des répliquants. Il est accueilli par une superbe créature, Rachel (Sean Young), que Tyrell lui demande de surveiller de près...

Le futur décrit par Ridley Scott est probablement le plus réaliste jamais porté à l'écran, et l'on ne compte plus les films d'anticipation qui en ont subi l'influence, de "Batman" à "Dark City" en passant par "The Crow", "Le cinquième élément", "La menace fantôme" et "Minority report". Il faut attribuer cette prodigieuse réussite aux talents d'esthète de Scott, aux magnifiques trouvailles de l'équipe des effets spéciaux (Douglas Trumbull en tête, déjà à l'œuvre sur "2001 : l'odyssée de l'espace" et "Rencontres du troisième type"), au choix judicieux des décors et des lumières, et à la direction artistique en général qui unifie chacune de ces composantes. Pluie et nuit permanentes, voitures traversant sans cesse le ciel noir, immeubles gigantesques qui se dressent partout... Tous ces éléments sont filmés avec un tel naturel qu'ils s'intègrent sans heurt à un contexte rapidement banalisé et accepté par le spectateur.

« Il faut savoir que Ridley Scott est un homme dont la créativité est incessante », nous racontait Wesley Sewell, qui collabora aux effets visuels de nombre de ses films. « Il est tout le temps en train d'essayer des choses, de chercher des idées et des possibilités. Ainsi ne cesse-t-il de dessiner de nouveaux plans tous les jours. C'est un excellent graphiste, et à la fin des tournages ses storyboards commencent à ressembler à de véritables œuvres d'art. Il faut dire qu'il possède lui-même de nombreuses œuvres picturales d'artistes variés qu'il utilise en guise d'inspiration et de référence. » (1)

Au-delà de son contexte futuriste, "Blade runner" est aussi et surtout un polar dans la pure règle de l'art. Harrison Ford (à contre-emploi total si on le compare à ses deux rôles vedettes précédents, Han Solo et Indiana Jones) est le portrait typique du privé minable, et la magnifique Sean Young répond exactement aux critères des femmes fatales dont tombent amoureux ces archétypes du film noir. A leurs côtés, Rutger Hauer et Daryl Hannah excellent en robots terrifiants d'humanité et de candeur. La lutte désespérée des androïdes pour survivre - alors que le « héros » a pour mission de les abattre - pose en substance la question du bien et du mal. Une question qui reste bien sûr sans réponse, au mépris d'un manichéisme pourtant fréquent en tel contexte.

(1) propos recueillis par votre serviteur en avril 2005

 

Storyboard inédit (article du site "Forgotten Silver")

Si le coffret "Blade Runner" Blu-ray et dvd a été une franche réussite artistique et technique, il manquait néanmoins plusieurs galeries de photos et dessins pour que cette édition soit complète. Ces galeries avaient pourtant été annoncées dans le communiqué de presse de la Warner et étaient au nombre de 4 :
- "Do Androids Dream of Electric Sheep Cover Gallery",
- "The Art of Blade Runner",
- "Unit Photography Gallery,
- "Marketing & Merchandise Gallery".

Elles furent semble-t-il annulées pour des questions de place. En attendant un hypothétique livre sur le sujet - c’est en tout cas le souhait du producteur Charles de Lauzirika -, voici quelques planches inédites du storyboard de Sherman Labby. Il faut savoir que les storyboards originaux sont réputés détruits, donc ces quelques pages sont assez rares. Elles concernent une scène coupée au montage, celle où Roy Batty (Rutger Hauter) rend visite à son créateur, Tyrell, dans une chambre cryogénique.
Blade runner - storyboard 1
Blade runner - storyboard 2
Blade runner - storyboard 3
Blade runner - storyboard 4
Blade runner - storyboard 5


Blade runner - Cinefex de juillet 1982
Couverture du Cinefex de juillet 1982

Blade runner by Graphic Nothing
Minimalist poster by Graphic Nothing

Retour à l'accueil

Movie Must Move

Loading

Dossiers Hollywoodland 80's

Récompenses

Derrière l'écran



 Un film n'est pas seulement une histoire
 que le cinéma vend, mais aussi une culture,
 un pays, un autre type de consommation.
 Cela, les Américains l'ont très bien compris.
 Bertrand Tavernier


Hollywoodland, mode d'emploi
Liens cinéma
Copinage

 
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés