titre original "Conan the Barbarian"
année de production 1982
réalisation John Milius
scénario John Milius et Oliver Stone
interprétation Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Sandahl Bergman, Max von Sydow
   
suite "Conan le destructeur", Richard Fleischer, 1984
   
remake "Conan 3D", Marcus Nispel, 2011


Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Très bon film, très bien filmé, avec une cruauté permanente et quelque peu perverse.

Sandahl Bergman, danseuse de son état, est fort belle.

Dans les épisodes suivants, les producteurs réussirent à gommer la violence afin de capter un public plus jeune. Erreur funeste !

Conan le Barbare - générique

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

Douze mille ans avant notre ère, le jeune Conan reçoit de son père un glaive d'acier et une mission : découvrir le secret de cet alliage que détient le dieu Crom. Mais son village est dévasté par les cavaliers du Nord et sa mère est décapitée par leur chef, Thulsa Doom. Esclave, Conan passe sa jeunesse à actionner la roue d'un moulin, ce qui sculptera son impressionnante musculature. Un jour, il reconquiert la liberté et part avec deux compagnons, le Mongol Subotaï et la ravissante reine des voleurs, à la recherche de Thulsa Doom...

Il y a de fortes chances pour que les amateurs du Conan de Robert Howard (17 récits publiés dans "Weird tales" entre 1932 et 1936) aient été assez déçus par cette adaptation appauvrie en terme de fantasy pure. Où sont donc passés les morts-vivants, les araignées géantes, les statues vivantes, les limaces monstrueuses et les vampires des merveilleuses pages de l'écrivain ? Pour autant, il serait injuste d'en conclure que "Conan le Barbare", écrit par Oliver Stone et dirigé par John Milius (lui-même scénariste d'"Apocalypse now"), soit un échec. Le producteur Dino de Laurentiis s'étant spécialisé dès le milieu des années 70 dans le sabotage des grands mythes fantastiques ("King Kong", "Flash Gordon", "Sheena", "Dune"), on pouvait tout de même craindre le pire.

Fort heureusement, si on fait abstraction de la richesse incomparable de son origine littéraire, "Conan le Barbare" se révèle être un film d'action mené avec beaucoup d'habileté, mais aussi le mètre étalon de toute l'héroïc fantasy cinématographique à venir. Une grande partie du crédit de cette réussite est à attribuer à Arnold Schwarzenegger, qui s'avère tout simplement parfait dans le rôle du Cimmérien. Ex Monsieur Univers, Ex Hercule, Arnold se rapproche tant du Conan décrit par Howard, ainsi que des magnifiques dessins de Frank Frazetta, qu'il paraît désormais inconcevable d'imaginer un autre acteur dans la peau du personnage.

Le film comporte en outre un certain nombre d'attraits et de personnages étonnants : une fiancée coriace pour Conan qui prend les traits de Sandhal Bergman (tous deux effectuant eux-mêmes leurs cascades dans la mesure où aucune doublure convaincante ne fut dénichée pour les remplacer), James Earl Jones en méchant (dont le look et les attitudes sont directement inspirés par les guerriers du "Alexandre Nevsky" d'Eisentsein), le grand Max von Sydow ("L'Exorciste") en roi viking, et en prime un serpent géant fort impressionnant.

"Conan le Barbare"
doit également beaucoup à la sublime et emphatique partition de Basil Poeldouris, qui lui donne bien souvent les allures d'opéra wagnérien. Assez curieusement, c'est d'abord Vladimir Cosma, le légendaire compositeur de "La Boum" et de "Rabbi Jacob", qui était pressenti pour composer la musique du film. « Le succès de Diva avait fait connaître mon nom en Amérique », explique-t-il. « De Laurentiis m'a contacté, j'ai fait mes valises, j'étais prêt à partir... Et puis au dernier moment j'ai refusé leur offre, pour une raison très triviale : j'ai la hantise de l'avion ! » (1) Comme quoi, les grandes décisions artistiques du cinéma tiennent parfois à peu de choses.

(1) propos recueillis par votre serviteur en mai 2005

Conan le Barbare - CFQ de 1981
Couverture du Cinefantastique n°3 de 1981

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