Couverture du Time du 28 juillet 1986 |
Couverture du Starfix d'octobre 1986 |
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Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Donner une suite à "Alien, le huitième passager", le défi était de taille. Après un inepte "Piranha 2" et un "Terminator" très maîtrisé, James Cameron réussit son challenge avec brio. Non seulement son
scénario possède toute la cohérence nécessaire à la jonction entre les deux films, mais de plus sa mise en scène très élaborée offre un rythme et un style complètement indépendants de ceux de
Ridley Scott. Plutôt qu'imiter son inimitable
prédécesseur, Cameron a injecté dans son film ses propres tendances : action musclée non-stop, affrontements spectaculaires, haute technologie banalisée, photographie
privilégiant le noir et le bleu, effets spéciaux spectaculaires et réalistes.
Seule rescapée du Nostromo, Ellen Ripley est de retour sur terre plusieurs décennies après son départ. Les gens qu'elle aimait sont tous morts, et elle ne rencontre qu'incrédulité autour
d'elle. Considérée comme perturbée mentalement, elle se recycle dans un épuisant travail de manutention. Entre-temps, sur la planète qu'avait explorée le Nostromo, une colonie humaine
s'est installée, pour bientôt se faire massacrer par une race extra-terrestre inconnue. Une expédition de marines, à laquelle se joint Ripley, y est envoyée. Et Cameron, grand perfectionniste
devant l'éternel, de demander expressément aux comédiens interprétant les soldats de subir une formation intensive auprès des services spéciaux britanniques deux semaines avant le tournage. Seul
Michael Biehn, héros de "Terminator", fut exempté d'un tel exercice, dans la mesure où il remplaça à la dernière minute l'acteur James Remar dans le rôle de Hicks.
Si certaines scènes semblent caricaturer jusqu'à la parodie les films de guerre mettant en vedette les marines (avec force « oui, sergent » dans le dialogue) et la saga "Rambo" (dont Cameron a écrit le scénario du 2ème épisode, rappelons-le), l'œuvre n'est pas
exempte de subtilités et d'émotion, bien au contraire. Le personnage de Ripley, en particulier, a gagné énormément en teneur et en complexité. Mère frustré, guerrière malgré elle, femme
transportée dans une époque qui n'est pas la sienne, elle bénéficie du jeu plein de justesse d'une Sigourney Weaver des plus convaincantes. Lorsqu'elle apprend le décès de sa fille, au début du
film (dans la version longue du film, que l'on peut préférer au montage standard sorti initialement en salles), ou lorsque plus tard elle développe son instinct maternel auprès de l'orpheline
Newt, Cameron démontre ses capacités à manier l'intimisme et la pudeur avec autant de talent que l'action et les effets spéciaux, lesquels, plus que
des fins en soi, constituent ici les moyens les plus efficaces de véhiculer le discours d'un cinéaste hors pair ici au sommet de son art.
L'enrichissement de la mythologie "Alien" est à ce point important que de nombreux fans de la saga marqueront une nette préférence pour cet épisode, sans renier pour autant à celui de
Ridley Scott son
statut de classique. Il faut dire que l'affrontement entre les marines et les aliens, les agressions des face-huggers et l'affrontement final entre Ripley, harnachée dans un impressionnant
exo-squelette, et la reine des aliens, une monstruosité génialement conçue par Stan Winston, sont de véritables morceaux d'anthologie.
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