| titre original | "Day of the dead" |
| année de production | 1985 |
| réalisation | George A. Romero |
| maquillage | Tom Savini |
| interprétation | Lori Cardille |
| récompense | Prix de la meilleure actrice pour Lori Cardille au festival du film de Sitges 1985 |
| épisodes précédents | • "La nuit des morts-vivants", George A. Romero, 1968 |
| • "Zombie", George A. Romero, 1978 | |
| épisodes suivants | • "Land of the dead - Le territoire des morts", George A. Romero, 2005 |
| • "Diary of the dead - Chroniques des morts-vivants", George A. Romero, 2007 |
Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Des effets spéciaux choc, mais une première partie terriblement bavarde.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Il y eut d'abord la nuit ("Night of
the living dead"), puis l'aube ("Dawn of the dead"). Voici donc le jour ("Day of the dead"), 3ème volet d'une trilogie dont chaque
épisode est autant la suite que le remake du précédent.
Ce nouvel opus était d'autant plus attendu que "Zombie" demeure aux yeux de beaucoup le meilleur film jamais réalisé sur le thème des morts-vivants. Après la vieille maison et
le supermarché, George Romero choisit d'enfermer ses protagonistes dans un abri
anti-atomique, troquant l'esprit révolutionnaire de 1968 et la critique du consumérisme de 1977 contre un acerbe pamphlet anti-militariste. Dans ce nouveau huis clos propice aux tensions en tout
genre, une poignée de rescapés, des savants et des militaires, résistent aux assauts répétés des morts-vivants qui ont envahi la Terre. Se supportant de moins en moins, les scientifiques et les
soldats luttent aussi entre eux, ce qui finit par faciliter l'infiltration des zombies dans le bunker.
« Les personnages ne sont pas les mêmes d'un épisode à l'autre, parce que chaque histoire
se déroule à une époque différente au sein d'une même "mythologie" », explique Romero. « Les
films sont très différents les uns des autres, du point de vue du style et de l'atmosphère. Par exemple, on ne peut pas vraiment dire que "Le jour des morts-vivants" soit la
séquelle de "Zombie". A titre personnel, cet épisode est mon préféré de la trilogie » (1) Des moments extraordinaires parsèment en
effet le film, notamment les plans démentiels de la ville désertée où se répandent dans l'indifférence générale des centaines de billets de banque, ainsi que les séquences avec le zombie
apprivoisé Bub, ou encore le prologue onirique où l'héroïne est attaquée par des centaines de bras qui déchirent les murs qui l'entourent (réminiscence d'une séquence hallucinatoire du
"Répulsion" de Roman Polanski).
De son côté, le maquilleur Tom Savini est allé bien plus loin
que dans "Zombie", ses effets spéciaux composant parfois des centaines de visages décomposés et surréalistes, au lieu des simples
visages blafards et bleutés du film précédent.
Dommage, malgré tout, que Romero ait choisi un trop-plein de dialogues successifs pour
illustrer le différend qui oppose de plus en plus violemment les scientifiques et les militaires. Le rythme du film s'en ressent. Les oppressantes luttes intestines du premier film et l'action
soutenue du second n'atteignent jamais ici la même intensité, malgré une claustrophobie fort bien restituée.
« Nous étions alors dans une époque de méfiance et d'incertitudes », raconte Romero. « Tout le monde perdait foi dans le gouvernement, l'industrie et l'armée. Voilà pourquoi mes
héros rampent au fond d'un trou. Finalement, le personnage le plus sympathique dans ce film est Bub le zombie. C'est un film plus sombre et plus triste que les deux autres. » (2)
Fidèle à son habitude, le cinéaste opte pour un dénouement ouvert. Le carnage final n'épargnera qu'une poignée de survivants qui partiront en hélicoptère vers une île déserte, seul refuge à leurs
yeux susceptibles de les extraire aux griffes des zombies mais aussi de leurs semblables. De là à dire que "Le jour des morts-vivants" est un film misanthrope...
(1) et (2) propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |