| titre original | "Predator" |
| année de production | 1987 |
| réalisation | John McTiernan |
| photographie | Donald McAlpine |
| musique | Alan Silvestri |
| interprétation | Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers |
| suite | "Predator 2", Stephen Hopkins, 1990, avec Danny Glover dans le rôle titre |
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Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
La genèse de "Predator" est assez surprenante. L'idée du film serait née d'une blague absurde : un combat au sommet entre "Rocky" et "E.T." ! Lorsque le concept d'un acteur
musclé affrontant un alien fut pris un peu plus au sérieux, on envisagea une créature difforme, affublée d'un long cou, d'un faciès canin et d'un œil unique, tandis que le projet porta un temps
le titre de "Hunter". Le film ne prit sa forme définitive qu'avec l'arrivée du réalisateur John McTiernan, des scénaristes Jim et John Thomas, et du
concepteur de la créature Stan Winston.
Dans un rôle taillé sur mesure, Arnold Schwarzenegger incarne ici le major Dutch Schaeffer,
un homme d'action, un soldat d'élite qui a combattu sous toutes les latitudes, à la tête d'un commando spécialisé dans les missions à hauts risques. Lorsque "Predator"
commence, Dutch et ses hommes sont envoyés en Amérique latine pour sauver trois hommes, otages de la guerilla. Largués dans la jungle, ils exécutent leur mission, mais bientôt ils sentent rôder
autour d'eux un ennemi inattendu, une créature invisible, féroce, silencieuse, d'une agilité et d'une puissance terrifiantes, qui entreprend de les détruire un à un. Venu d'une planète lointaine,
ce prédateur a en effet choisi la Terre comme terrain de chasse et le commando comme gibier... Etant donné qu'Arnold Schwarzenegger joue ici un rôle très similaire à celui qu'il tenait dans "Commando", l'auto-dérision en moins, et comme en outre la
première partie du film présente de fortes similitudes avec les "Rambo" qui triomphaient alors sur les écrans, "Predator" part d'emblée avec
un sérieux handicap : celui du film d'actions guerrières musclé et stéréotypé à outrance.
Mais ce serait oublier que ce bon vieux John McTiernan, un an à peine
avant son prodigieux "Piège de cristal", se trouve derrière la caméra. L'efficacité de sa mise en scène repose souvent sur sa stylisation, notamment lorsqu'il joue sur les reports de mise au point, emploie
des éclairages très graphiques, ou utilise les arrières-plans comme supports de suspense, un peu à la manière de John Carpenter dans "Halloween".
L'intérêt du film, cependant, n'apparaît réellement qu'avec l'entrée en scène de l'extra-terrestre, annoncé par un plan prégénérique qui rappelle celui de "The Thing" (Carpenter toujours). Les capacités de mimétisme du prédateur nous sont décrites par d'extraordinaires
effets visuels signés Boss Film, et la créature elle-même est une grande réussite, malgré des attitudes et des
postures souvent trop humanoïdes. Son faciès de crustacé et son armure tribale la transformeront illico en icône du cinéma de SF. C'est l'athlétique
Kevin Peter Hall qui endosse le costume animatronique de l'extra-terrestre, après des essais non concluants effectués avec un jeune acteur belge nommé...
Jean-Claude Van Damme !
S'il ne peut s'empêcher de glisser dans la bouche de Schwarzenegger quelques répliques gag
pour le moins déplacées (la plus improbable étant sans doute « Aiguise-moi ça » adressé à un ennemi dans le ventre duquel il vient de planter un couteau !), le film évite autant qu'il peut la
caricature et ne se laisse même pas tenter par la conventionnelle love story qu'on sentait pourtant poindre à l'horizon.

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Un des grands films d'aventure des années 1980, construit sur la trame des "Aventures en Birmanie" (le commando, la destruction et le repli), mais augmenté
d'un sujet de science-fiction qui est, en même temps, une histoire des temps préhistoriques (mythes pas morts !).
Ceux qui se gaussent de Schwarzenegger et de ses gros muscles devraient faire attention. Il
joue bien, avec humour, et il pourrait, un jour ou l'autre, nous refaire le coup de Clint Eastwood : devenir un auteur de films.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |