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Evil dead 1

Evil dead 2

titre original "The evil dead"
année de production 1981
réalisation Samuel M. Raimi
interprétation Bruce Campbell
   
suites  • "Evil dead 2", Samuel M. Raimi, 1987
  • "L'armée des ténèbres", Samuel M. Raimi, 1992

 

"Evil dead" : le détail du Blu-Ray (article de Jerome, auteur du blog "Forgotten Silver")

On connait désormais les détails techniques complets du Blu-Ray d’"Evil dead" qui sortira le 31 août prochain. Comme on pouvait s’en douter, la liste des bonus s’est allongée depuis la première annonce, avec la présence sur un dvd des bonus de l’édition collector 2007.

Il y a d’abord "One by One We Will Take You: The Untold Saga of The Evil Dead", un premier documentaire d’une heure, avec des interviews récentes de l’équipe du film, sans Sam Raimi et Bruce Campbell, mais avec la présence des réalisateurs Edgar Wright et Eli Roth. Le second documentaire est "The Evil Dead: Treasures from the Cutting Room Floor", contenant près d’une heure de scènes alternatives ou coupées. "The Ladies of THE EVIL DEAD Meet Bruce Campbell" est la rencontre souvent hilarante entre Bruce Campbell et les trois actrices du film (30 minutes). "Unconventional" est une discussion (20 minutes) entre les deux acteurs Ted Raimi et Rich Demanincor à propos des conventions de SF et d’horreur. Les deux hommes sont aussi présents dans "At the Drive-In" (13 minutes) où ils répondent aux questions de fans. "Discovering The Evil Dead" est l’excellent documentaire sur les dirigeants de Palace Pictures en Angleterre qui firent beaucoup pour la notoriété du film. L’interactivité se termine par "Book of the Dead: The Other Pages", en fait un plan non monté de Ash feuilletant le livre des morts. Seuls "Discovering Evil Dead" et "Treasures from the Cutting Room Floor" ont été vus en France en dvd.

Le disque Blu-Ray, lui, intègre donc un nouveau commentaire audio de Sam Raimi, Bruce Campbell et Rob Tapert (Monsieur Xena), et Anchor Bay annonce la présence de deux transferts 1080p, l’un en 1.85, l’autre en 1.33, tous supervisés par Sam Raimi. Espérons que cela ne se fera pas au détriment de la compression. Le son sera en Dolby TrueHD 5.1 et uniquement en anglais.


Evil dead - générique

Review de Pierre

La ressortie en DVD dans une sublime édition en zone 1 d'"Evil dead" a été l'occasion pour votre serviteur de se refaire une opinion sur ce petit classique qui a fait les belles après-midi de son adolescence.

D'abord, c'est un film touchant pour moi, parce que c'est vraiment le film de vidéo-club par excellence, toute la notoriété de ce truc a reposé sur les premiers jours du magnétoscope. C'est un peu gloubi, mais c'est comme ça.

Ensuite, c'est toute la passion de ce jeune metteur en scène de 20 balais mais talentueux qui se démerde avec deux brindilles et du ketchup pour essayer de faire un truc bien. C'est forcément touchant.

Il y a aussi une autre chose qui fait beaucoup pour la qualité du film, c'est Bruce Campbell. Ce mec a vraiment l'air sympa et rigolo et il fait pour beaucoup dans la sympathie qu'inspire le film.

Alors, si ce "Evil dead" est le plus effrayant de la série, force est de constater qu'à mon sens, en tant que film "qui fait peur", ça ne fonctionne pas vraiment. Il y a certes des références à Lovecraft ou à "
L'Exorciste", mais ça ne m'a jamais fait peur (contrairement à Eli Roth - interviewé dans le doc du DVD - qui dit que ça lui a foutu une trouille bleue).
En ce qui me concerne, c'est l'inventivité de la mise en scène, le côté over the top de certaines scènes (la fille violée par des arbres !) et les effets spéciaux à la pâte à modeler que je retiens et qui me font aimer ce film.

Le doc du DVD est vraiment touchant. Bizarrement, ni Raimi ni Campbell n'y sont présents, mais il y a tous les autres, et notamment les actrices du film, qui sont assez marrantes à entendre (l'interview de la fille violée par les arbres est vraiment drôle : "Une scène de viol dans ce film ? Avec des arbres ? Non, vraiment, je ne vois pas de quoi vous parlez").

En tout cas, "Evil dead" est clairement le meilleur de la série, largement au-dessus du 2 (que je trouve très surrévalué) ou du 3 (que je trouve très sous-évalué). Voilà !

NB : Joel Coen est assistant monteur sur ce film. L'amitié Raimi/Coen perdurera d'ailleurs avec les années : Raimi apparait dans "Miller's crossing", il a écrit "Le grand saut", et on notera également une vraie analogie entre "Fargo" et "Un plan simple".

 

Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)

"Evil dead" est le premier et sans doute le meilleur film de
Sam Raimi, le mètre étalon du cinéma d'épouvante des années 80, un véritable phénomène salué à l'époque par des commentaires dithyrambiques de Stephen King en personne.

Et pourtant, qui aurait misé sur un scénario aussi basique et convenu ? Les protagonistes sont cinq amis (deux couples et une jeune femme un peu solitaire) qui ont loué une cabane dans la montagne. L'endroit est sinistre, recouvert d'une épaisse brume et envahi par une végétation très dense.

Dans la cave de la maison, où l'horloge s'est subitement arrêtée, ils découvrent un vieux grimoire dont la couverture grimaçante semble être faite avec de la peau humaine, un gros magnétophone et une bande enregistrée par le dernier locataire. Celui-ci faisait des études sur la sorcellerie, et a vraisemblablement provoqué la colère de démons qui hantent l'endroit. En remettant en marche le magnétophone, une formule rappelant les démons est prononcée à voix haute. La chose monstrueuse qui vient de se réveiller dans les bois va transformer le séjour en véritable cauchemar. Les arbres, soudain animés d'une vie propre, violent Cheryl, mutilent Scott, et tous deux se muent bientôt en morts-vivants, tout comme Linda et Shelley. Seul survivant, Ash devra farouchement lutter contre ses anciens amis transformés en monstres hideux et hystériques...

On dit que tout le talent d'un auteur transparaît déjà à travers sa première œuvre, fut-ce un petit film d'horreur tourné avec une équipe de jeunes amateurs, du matériel 16 mm et un budget étriqué. "Evil dead" confirme l'assertion, tant le résultat, étonnamment maîtrisé, recèle déjà en substance le génie de Sam Raimi et la quintessence de ses travaux futurs. Recyclant un thème d'une banalité pourtant effarante, "Evil dead" se détourne bien vite des mécanismes d'un "Vendredi 13" auquel son prologue peut faire penser pour faire monter lentement l'épouvante à coups de chocs visuels surprenants, dont certains semblent s'inspirer de "L'Exorciste", jusqu'à une explosion d'horreur où les scènes les plus éprouvantes ne sont pas épargnées au spectateur. Le décor réel extrêmement sobre, les acteurs débutants au jeu très effacé, le grain de l'image, tout concourt à faire d'"Evil dead" un film potentiellement très angoissant.

Mais c'est surtout la manière révolutionnaire qu'adopte Sam Raimi pour filmer son histoire qui restera dans les mémoires : travellings vertigineux accompagnés de rugissements indéterminés pour montrer la vision subjective du démon, panoramiques étonnants conçus en boucles fermées, très gros plans, angles de prise de vue des plus inattendus, jeux constants sur les effets sonores (la voiture qui avance au milieu des arbres qui craquent, la balançoire qui frappe la porte de la cabane dans un vacarme assourdissant)...
Tout ce déploiement de techniques insolites, jamais gratuites, sera utilisé comme leitmotiv dans l'œuvre ultérieure de
Raimi, et imité par bien des metteurs en scènes. Notons que Joel Coen, futur réalisateur de talent ("Sang pour sang", "Fargo", "Le grand saut"), fit lui aussi ses premières armes sur "Evil dead".

 

Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard

Un film culte sur le thème de la maison hantée.

Le film vaut surtout pour ses excès impossibles à résumer ici.

Le rythme imprimé à l'oeuvre, les outrances comme les références aux classiques de l'horreur, tout contribue à créer un certain envoûtement.
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