When you get there, you will understand.
| titre original | "The Abyss" |
| année de production | 1989 |
| réalisation | James Cameron |
| scénario | James Cameron |
| musique | Alan Silvestri |
| interprétation | Ed Harris, Mary Elizabeth Mastrantonio |
| récompense | Oscar des meilleurs effets visuels |

T-shirt à commander sur lastexittonowhere.com
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Construit sur la même trame qu'"Aliens, le retour" (le
commando, dont une femme, qui veut savoir ce qu'est devenu un lieu institutionnel) par le couple Cameron-Hurd, "Abyss" évolue vers la fable bienheureuse avec de gentils E.T.
On peut les préférer cruels. Mais il y a 20 minutes d'amour sublime, et c'est assez pour en faire un beau film.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Dans la continuité de "Terminator" et "Aliens, le retour",
James Cameron signe avec "Abyss" un film
palpitant d'un bout à l'autre. On y retrouve ses penchants pour le futurisme hyperréaliste, la thématique de l'homme broyé par une machinerie gigantesque qu'il a lui-même créée, et la figure
récurrente de la femme forte.
Au cours du prologue, un sous-marin nucléaire de l'US Navy se retrouve inexplicablement immobilisé dans une immense crevasse, à plus de 700 mètres de profondeur. Une équipe de marines
surentraînés réquisitionne le Deepcore, une titanesque plateforme de travail en forme de crabe métallique, et ses ouvriers plongeurs afin d'atteindre l'épave. Des tensions naissent
aussitôt entre militaires et techniciens, d'autant que le chef du Deepcore, Bud Brigman, se retrouve contraint de collaborer avec son ex-femme Lindsay.
Ed Harris et Mary Elizabeth Mastrantonio, respectivement révélés dans "Creepshow" et "Scarface", trouvent là des rôles magnifiques. Débordant de charisme, ils font reposer une bonne
partie de la crédibilité du film sur leurs solides épaules. A bord de submersibles monoplaces ultra-sophistiqués, les plongeurs vont rejoindre l'épave et tâcher de comprendre ce qui a provoqué le
naufrage du sous-marin américain. Mais à la surface, un cyclone d'une puissance inouïe provoque des dégâts considérables et précipite la plate-forme au fin fond de l'océan, laissant à ses
occupants à peine douze heures d'oxygène. Acculés, les naufragés découvrent alors que d'étranges entités vivent dans les profondeurs abyssales.
La sensation de claustrophobie inhérente au scénario, les tensions humaines exacerbées par l'enfermement et l'héroïsme stimulé par des passions parfois contraires sont magnifiés par la mise en
scène époustouflante de James Cameron, l'un des seuls
cinéastes sur cette planète capable de réaliser un tel film, osant une direction d'acteurs sous l'eau avec l'enregistrement des dialogues en direct ! « C'était un tournage incroyable », se
souvient le superviseur d'effets visuels Eric Brevig. « Nous étions immergés dans un immense réservoir pendant trois mois. Nous ne pouvions pas parler entre
nous, nous devions communiquer en écrivant sur des ardoises et nous avons dû affronter d'innombrables problèmes techniques. C'était physiquement très éprouvant, mais on ne peut ressortir que
grandi d'une telle expérience. » (1)
A son service, Cameron s'octroie une multitude
d'effets spéciaux très réalistes, effectuant-là un pas majeur dans la création d'images de synthèse avec la séquence désormais mythique du tentacule aquatique. "Abyss" aurait pu
s'élever au rang de chef-d'œuvre s'il ne s'était clôt sur un dénouement absurde et grandiloquent brisant la rigueur dramatique des deux heures précédentes et témoignant un mauvais goût visuel
surprenant.
La version longue du film intègre un raz de marée spectaculaire menaçant la population et des images d'actualités diffusées au héros par les êtres sous-marins. Mais ces rajouts extraient
malencontreusement le spectateur du huis clos sur lequel repose le film et n'atténuent pas la sensation de gâchis provoquée par le final.
(1) propos recueillis par votre serviteur en juin 2008

Couverture du Cinefex d'août 1989
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |