| titre original | "The Thing" |
| année de production | 1982 |
| réalisation | John Carpenter |
| scénario | d'après la nouvelle "Who goes there ?" de John W. Campbell |
| musique | Ennio Morricone |
| interprétation | Kurt Russell, Donald Moffat |
| version précédente | "La chose d'un autre monde", Christian Nyby, 1951, Etats-Unis |
| préquelle | "The Thing", Matthijs van Heijningen Jr., 2011 |

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Critique extraite du Guide des films de Jean Tulard
Des effets spéciaux spectaculaires, beaux et excellemment réalisés ne doivent pas faire oublier que le film contient son propre message, différent de celui de Nyby, le maccarthysme en moins.
La fin est admirable. Deux hommes viennent de sauver l'humanité et s'apprêtent à mourir de froid.
Musique parfaitement adaptée.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Remake de "La chose d'un autre monde" (Christian Nyby, 1951) et adaptation de la nouvelle "Le ciel est mort" de John Campbell, "The Thing" comporte quelques-unes des scènes les plus horriblement délirantes
qu'on ait vues de mémoire de cinéphile.
La chose extra-terrestre sans forme qui donne son titre au film est tombée du ciel 10 000 ans avant notre ère. Elle a la particularité d'absorber tout être vivant et de s'insinuer dans son
enveloppe charnelle après une horrible métamorphose. Or cette « chose » s'est introduite dans une base américaine de recherches scientifiques, isolée dans l'Antarctique. A la suite d'une tempête
de neige, la station est coupée du reste du monde. La chose investit d'abord un chien de traîneau, dont la tête se déchire en deux et dont le corps se recouvre de tentacules, puis occupe le corps
de l'un des douze membres de l'expédition. Mais lequel est-ce ? Et comment le reconnaître ?
Le maquilleur surdoué Rob Bottin prouve ici les capacités quasi-illimitées des effets mécaniques, seuls capables à l'époque de visualiser les créations métamorphiques dues à cette chose lovecraftienne.
« Rob Bottin était exactement la personne qu'il nous fallait pour
une telle mise en œuvre », nous avouait John Carpenter douze ans après la sortie du film. « Son travail est époustouflant, même en comparaison avec ce que l'on sait faire actuellement. » (1) La scène la plus spectaculaire est
probablement celle où la créature surgit de la poitrine déchirée du comédien Charles Hallahan et s'accroche au plafond, sous forme d'un corps humain
dégoulinant de chairs décomposées, dont les épaules sont hérissées de gigantesques pattes d'insectes et dont la tête disproportionnée est juchée au sommet d'un long cou tordu. Le cou finit par se
déchirer et la tête tombe au sol. Lorsque s'ouvre sa bouche, une langue démesurée en sort et s'accroche au pied d'une chaise, tandis que des pattes d'araignées surgissent de la tête et lui
permettent de se déplacer... Du délire pur !
Servi par d'aussi magistraux effets spéciaux, "The Thing" bénéficie en outre de l'indiscutable maîtrise de John Carpenter dans l'art du huis-clos et de la tension. Les bavardages de la version de 1951 se
muent ici en silences des plus oppressants, d'autant que, dans ce remake, le nombre des scientifiques a été ramené de 50 à 12. Question d'unité d'action, bien sûr.
Kurt Russell, acteur fétiche de Carpenter, est un très convaincant héros paranoïaque.
Pour une fois, la musique n'est pas ici l'œuvre de Carpenter, mais d'Ennio Morricone, qui s'adapte avec répartie au style épuré du cinéaste. « Il est merveilleux, j'adore
ce qu'il fait, je ne pourrais jamais faire mieux que lui ! », nous avoue Carpenter avec
enthousiasme. « Si sa musique ressemble néanmoins à la mienne sur "The Thing", c'est parce que je lui ai demandé de simplifier à l'extrême, et de réduire le nombre de ses notes. »
(2)
De par tous ses atouts, "The Thing" demeure terrifiant de bout en bout, ses effets spéciaux révolutionnaires servant de leur mieux l'angoisse sans cesse croissante du scénario.
L'un des must de Carpenter, qui fut au moment de sa sortie un inexplicable échec
commercial. Sans doute le public préféra-t-il à l'époque se tourner vers des extra-terrestres plus amicaux, comme le proposait alors Spielberg avec "E.T.".
(1) et (2) propos recueillis par votre serviteur en février 1995


Minimalist poster by Profound Whatever
Couverture du Cinefantastique n°2-3 de 1983
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |