| titre original | "Back to the future" |
| année de production | 1985 |
| réalisation | Robert Zemeckis |
| scénario | Robert Zemeckis, Bob Gale |
| interprétation | Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Lea Thompson |
| suites | • "Retour vers le futur 2", Robert Zemeckis, 1989 |
| • "Retour vers le futur 3", Robert Zemeckis, 1990 |
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Nouvelle variation sur le voyage dans le temps. Mais le scénario ne vaut ni Wells, ni Barjavel.
C'est gentil, sur le mode de la comédie. Et ce fut en tout cas efficace, puisque le succès fut au rendez-vous.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Certains films sont naturellement en état de grâce. Par le biais d'une prodigieuse alchimie, les acteurs, les réalisateurs, les scénaristes, les compositeurs y sont au sommet de leur art.
"Retour vers le futur" est de cette trempe.
Jamais Michael J. Fox, Christopher Lloyd, Crispin Glover
ou Lea Thompson, tous excellents comédiens, ne trouveront un rôle aussi marquant que celui qu'ils tiennent ici.
Robert Zemeckis, qui s'était jusqu'alors principalement distingué avec un sympathique mais
peu révolutionnaire démarcage d'Indiana Jones, "A la poursuite du diamant
vert", révèle d'un seul coup toute l'ampleur de son talent.
Le compositeur Alan Silvestri nous régale d'une partition
digne de John Williams, le co-scénariste Bob Gale démontre une minutie peu apparente dans le script de "1941" qu'il écrivit pour Spielberg, bref "Retour vers le futur" déborde de talents et de savoir-faire.
L'un des secrets de son succès est d'avoir su exhumer un thème classique du cinéma de science-fiction, le voyage dans le temps, pour le moderniser, le truffer d'humour et en tirer toutes les
possibilités narratives possibles et imaginables (une voie que suivront notamment "L'aventure intérieure" et "Chérie, j'ai rétréci les gosses").
Le héros est Marty Mc Fly (incarné par Michael
J. Fox, après des essais infructueux réalisés avec Eric Stolz), un adolescent épris de rock'n roll et de la charmante Jennifer (Claudia
Wells). Sa famille n'est guère reluisante : son père George (Crispin Glover) est un écrivain raté, sa mère Lorraine (Lea
Thompson) est alcoolique et ses frères et sœurs insupportables. Son amitié avec un vieux savant farfelu et génial, Emmet Brown (Christopher Lloyd), l'amène à expérimenter une voiture
reconvertie en machine à voyager dans le temps et à basculer trente ans en arrière. Là, il retrouve ses parents encore adolescents et s'apprête malgré lui à briser deux tabous : bouleverser le
continuum espace temps et concrétiser le complexe d'Œdipe !
Le mélange de comédie, de science-fiction, de teenagers et de musique peut donner des résultats affligeants ("Howard" de Willard Huyck en est un bon exemple), surtout lorsque les grands
studios s'en mêlent. Or "Retour vers le futur" ne « fait » pas jeune, il EST jeune, fougueux, rythmé au tempo des années 80 sans jamais chercher à forcer le trait.
On peut certes reprocher au film de cultiver sans demi-mesure la politique des « battants » chère à l'Amérique de Ronald Reagan, qui transparaît également
beaucoup dans "S.O.S. fantômes". Mais le plaisir que procure "Retour vers le futur" n'en est jamais gâché. Le comique est issu des situations impossibles dans lesquelles se
fourrent les héros et d'un casting extrêmement intelligent.
Il faut également - et surtout - saluer la richesse du scénario de Zemeckis et Gale, jonglant en virtuose avec les paradoxes temporels et s'amusant à disséminer tout au long du récit des
détails apparemment anodins qui s'avèrent finalement jouer un rôle fondamental au fur et à mesure des péripéties sans cesse rebondissantes.
Ce perfectionnisme se retrouve dans la mise en scène de Zemeckis, qui achève son film sur un climax d'anthologie clignant de l'œil vers l'une des cascades les plus fameuses d'Harold Lloyd.
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Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |