| titre original | "Christine" |
| année de production | 1983 |
| réalisation | John Carpenter |
| scénario | d'après le roman éponyme de Stephen King |
| musique | John Carpenter |
| interprétation | Keith Gordon, Harry Dean Stanton, John Stockwell |
Critique extraite du Guide des films de Jean
Tulard
Adapté d'un roman du très prolifique auteur fantastique Stephen King,
"Christine" allie une mise en scène rigoureuse à l'emploi d'une partition musicale composée essentiellement de morceaux de rock n' roll choisis, ce qui donne le rythme et
l'atmosphère très particulière de ce film.
Review de Gilles Penso (www.filmsfantastiques.com)
Sensibilisé par les succès de "Carrie" et "Shining", le producteur Richard Kobritz se lança à son tour dans l'adaptation d'un roman de
Stephen King. S'il jeta son dévolu sur "Christine", alors
que le roman n'était pas encore publié, c'est qu'il y trouva trois composantes propres à lui attirer les faveurs d'un large public américain : l'adolescence, le rock'n roll et les
voitures. A peine remis de l'échec ô combien injuste de "The
Thing", John Carpenter s'installa sur le
fauteuil du réalisateur.
"Christine" raconte l'histoire d'Arnie Cunningham, un jeune lycéen américain timide et complexé, qui semble être l'exact opposé de son ami Dennis, sportif, populaire et courtisé par les
filles. Un beau jour, Arnie tombe littéralement sous le charme d'une vieille voiture qui traîne
comme une épave rouillée dans l'arrière-cour d'un garage sinistre. Dennis tente de le dissuader de faire une folie, mais Arnie a le coup de foudre : il achète cette Plymouth Fury vieille
de 21 ans, qui répond au doux nom de Christine, et passe dès lors tout son temps libre à la restaurer. Bientôt, la voiture retrouve miraculeusement sa jeunesse. Sa carrosserie brille d'un rouge
vif flamboyant, son moteur rugit comme s'il sortait de l'usine, et sa vieille radio chante joyeusement les tubes de 1957. Mais peu à peu, l'âme diabolique de la voiture possède Arnie et s'acharne
à détruire quiconque s'interpose entre elle et le jeune homme...
Le roman de Stephen King adoptait un mode de narration
inhabituel, chacun de ses actes étant conté à la première personne par un protagoniste différent. Sans aller jusqu'à opter pour le même procédé, le scénario de Bill
Phillips s'avère remarquablement fidèle au texte initial, malgré quelques épurations nécessaires dues à la taille du texte initial, et l'expurgation du fantôme hantant Christine. Du coup,
le film parle moins d'une voiture hantée que d'un objet maléfique doté d'une personnalité propre. A sa maîtrise de l'épouvante, Carpenter ajoute ici une autre de ses passions : le rock'n roll. « J'ai pour habitude
de fredonner régulièrement des chansons des Beatles lorsque j'arrive sur les plateaux de tournage », nous avoue-t-il
(1). La bande originale du réalisateur/compositeur, synthétique et sommaire comme à son habitude, se mêle donc avec bonheur aux tubes des fifties qui ponctuent le film,
ceux-là mêmes qui se trouvaient, par extraits interposés, en exergue de chaque chapitre du roman de King.
L'un des aspects les plus fascinants du film est la métamorphose psychologique et physique de son « héros ». Cette mutation suit en toute logique celle de la voiture elle-même, vieille guimbarde
rouillée et pitoyable changée en un bolide flambant neuf doté d'une « force de caractère » étonnante. Si le trucage employé pour visualiser les « résurrections » de Christine est d'une
simplissime efficacité - les plans de froissage de tôle sont montés à l'envers - la concrétisation technique du film n'alla pas sans mal, nécessitant l'achat à prix d'or de 23 Plymouth
Fury et la destruction de la plupart d'entre elles. Pas aussi prestigieuse que les œuvres de Brian
De Palma et de Stanley Kubrick, "Christine" est pourtant sans
conteste l'une des adaptations les plus réussies de l'œuvre de Stephen
King.
(1) propos recueillis par votre serviteur en février 1995

Keith Gordon & John Carpenter sur le tournage
|
Un film n'est pas seulement une histoire que le cinéma vend, mais aussi une culture, un pays, un autre type de consommation. Cela, les Américains l'ont très bien compris. Bertrand Tavernier |